Samedi 5 avril 2008

 


On dira ce qu’on voudra mais il faut que les uns et les autres nous fassions un peu attention lorsque nous défendons la Lorraine, car les clichés sur notre région demeurent évidemment nombreux et ne nous aident pas toujours. 


Tenez, cette semaine, dans le cadre de mon travail de président du Conseil Economique et Social j’ai eu l’occasion de donner pas mal d’interviews à les médias nationaux et notamment à des chaînes de télévision. Franchement j’ai été sidéré par la vision qu’avaient ces jeunes journalistes -sans nul doute très sympathiques et pleins de bonne volonté- par la vision noire et caricaturale qu’ils pouvaient avoir de la Lorraine.
 

Pour eux notre région est un champ de ruines, une immense friche industrielle, un territoire en perdition. Certains me demandaient même de leur montrer des usines désaffectées pour pouvoir les filmer. Tout cela partait sans nul doute d’une bonne intention. En voulant montrer que la situation était sérieuse -ce qui est vrai- ils pensaient évidemment nous aider à alerter les pouvoirs publics parisiens.
 

Mais tout cela peut aussi, à l’évidence, se retourner contre nous. A un moment où les batailles d’images sont essentielles n’en rajoutons pas. Certes dans un certain nombre de secteurs c’est difficile, parfois même très difficile et il faut tout faire pour aider ceux qui ont à faire face à ces difficultés. 


Mais la Lorraine, nous le savons bien, c’est aussi une région
qui a des atouts : ses paysages, ses villes -qui sont très agréables, ses universités, ses équipements culturels, des entreprises qui ne sont pas toutes en perdition et dont certaines sont même leader sur leur marché.  


Cette Lorraine existe aussi, il faut aussi la montrer sans oublier celle qui souffre
davantage. C’est un équilibre difficile à trouver mais je suis sûr d’une chose : la Lorraine en a vu d’autres, elle a les moyens de rebondir, et elle le fera avec tout le monde en évitant de ne montrer que ses usines désaffectées.

Mardi 23 octobre 2007

On dira ce qu’on voudra mais elle était importante l’initiative "Lire en fête" organisée dans toute la France et bien sûr aussi en Lorraine le week-end dernier.

 Dans notre région plus de cent manifestations ont ainsi participé à la promotion de la lecture qui en a bien besoin. Devant le déferlement de l’image nous avons tendance à lire de moins en moins, tout comme nos enfants d’ailleurs ce qui n’est pas bon. La Lorraine est ainsi de plus en plus touchée par l’illettrisme et même par l’analphabétisme, avec des personnes qui ne savent pas lire du tout et dont on imagine bien quelles difficultés elles peuvent rencontrer dans la vie.  

 

Pour ma part j’étais à Pompey où la municipalité avait organisé, avec l’aide précieuse de l’ami Michel Caffier une journée d’animation très vivante mettant en contact une vingtaine d’auteurs de grande qualité avec un public de jeunes et de moins jeunes.  

 

Une journée sympathique mais aussi très importante car les auteurs lorrains, loin d’être des écrivains de seconde zone participent aujourd’hui au maintien et à la diffusion de l’histoire et de la culture lorraine, une tâche essentielle à un moment où la Lorraine a vraiment besoin d’affirmer son identité et sortir de ses divisions.  

 

Nos divisions, nos querelles de clocher il faut aussi savoir en rire pour mieux les surmonter. C’est ce qu’essaye Philippe Delestre, le dessinateur bien connu présent à Pompey. Dans son dernier livre "En passant par la Lorraine" il illustre merveilleusement nos petites disputes à travers quatre dessins très parlants.  

 

« Si vous voulez agacer un meusien écrit-il, dites qu’il vit au milieu des vaches dans un désert vert, un Meurthe et mosellan dites que c’est un intellectuel qui se la pète avec la place Stanislas , un vosgien dites que c’est un belge qui n’a pas trouvé la Suisse. »  

 

Enfin si vous voulez agacer un mosellan dites que c’est un boche de l’Est qui n’aime que la bière et les saucisses. Voilà des caricatures qui nous paraissent très dures. Mais soyons honnêtes : qui d’entre nous peut jurer, droit dans les yeux qu’il ne les a jamais prononcées à un moment ou à un autre. Admettre cela et en sourire c’est pourtant déjà le premier pas vers un peu plus d’harmonie dans notre belle région.

 

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