Je suis de plus en plus convaincu de cela : la Lorraine ne sortira pas du marasme si elle ne s’arrime pas positivement au Grand Duché de Luxembourg. Elle ne pourra le faire que si elle ne voit pas nos voisins luxembourgeois comme des ennemis mais comme des partenaires. Pour que nous soyons considérés comme tels il faut évidemment que nous nous organisions (voir l’article « quatre pour un ») mais aussi que le gouvernement français fasse un geste fort en direction du Grand Duché en nommant auprès du Préfet un diplomate de bon niveau chargé de coordonner les affaires.
Quelques jours de vacances en Provence. Il pleut et il vente sans cesse. Comment les habitants de la région font-ils pour supporter un climat pareil ? Mais la grande affaire politique ici c’est la défaite à la présidence de la Communauté Urbaine du candidat de la droite Eugène Caseli –secrétaire départemental du PS 06- a en effet battu Renaud Muselier (UMP) par deux voix d’écart (79 contre 77) alors que logiquement ce dernier disposait d’au moins vingt voix d’avance. Une situation très confuse, car dès le premier vote le nouveau président était mis très largement en minorité par… vingt voix d’avance. A bien y regarder la situation à Metz est quand même plus tranquille avec un équilibre certes précaire mais aussi deux leaders qui se respectent et qui me paraissent capables de dégager sans trop de problèmes des majorités de projets.
Il reste que la question de l’élection démocratique des communautés d’agglomération est vraiment posée et je ne sais pas si on pourra rester longtemps dans une telle opacité. Le vote étant secret pour l’élection du président personne n’a dès lors à le justifier. Mais les élus UMP qui ont voté PS avaient-ils prévenus les électeurs au moment de la campagne pour les municipales ? Muselier n’a pas tort de hurler au déni de démocrate. Mais à Metz tous les maires de la CA2M avaient-ils indiqué quel serait leur choix à l’élection au conseil communautaire ? On notera par ailleurs qu’aucune règle de fonctionnement de ce conseil n’a été définie par le législateur. La mixité n’est pas obligatoire (il serait intéressant de regarder quel est le nombre de femmes), les droits de l’opposions ne sont pas définis…
Je ne vois pas comment on peut continuer comme cela notamment compte tenu aujourd’hui des attributions de plus en plus importantes accordées aux communautés d’agglomération. Il faut y réintroduire de la démocratie.
C’est un évènement qui est passé totalement inaperçu en Lorraine mais il y a quelques jours les exécutifs du Luxembourg et de la Sarre ont organisé une réunion commune afin de renforcer la coopération entre ces deux composantes essentielles de la Grande Région. Comment ne pas avoir le sentiment qu’à travers cette initiative, sans nul doute intéressante, nos voisins nous font comprendre que les divisions lorraines commencent vraiment à les exaspérer, qu’ils préfèrent passer l’acte, et qu’ils ne croient plus vraiment à une construction commune dans le cadre de la Grande Région. Compréhensible mais inquiétant.
Rappelons que dans le cadre des « Sommets de la Grande Région » nous sommes la seule région à débarquer avec quatre représentants (le Préfet, le Président de Région et les deux Présidents de Conseil Général) ce qui finit par lasser.
On voit bien que dans la tête des élus galope le sentiment qu’à
travers ces projets ils vont réaliser quelque chose de grand, de beau, de porteur pour leur région. Le problème c’est que les populations, qui n’ont décidément rien compris, ne se
retrouvent pas du tout là dedans ayant le sentiment qu’on ne s’occupe plus d’eux pour au contraire attirer d’autres habitants qui apparaîtraient plus intéressants. La colère des
élus éliminés, qui accusent leurs concitoyens de ne pas se soucier de l’avenir en refusant des investissements significatifs n’y change rien : leurs électeurs n’en ont pas voulu et
souhaitent qu’on laisse un peu tomber les investissements de demain au profit du fonctionnement d’aujourd’hui. Cette distinction traditionnelle entre les premiers qui seraient
nécessairement vertueux alors que les dépenses courantes seraient par principe néfastes, cette distinction est d’ailleurs très contestable et de plus en plus contestée par de nombreux
économistes.
Comment dès lors ne pas faire le rapprochement avec ce qui s’est passe en Lorraine. Certains maires sortants n’ont cessé de mettre en avant de prestigieuses réalisations passées et à venir. Mais il a été facile à leurs opposants de démontrer que le quotidien avait aussi de l’importance dans le domaine, par exemple, du périscolaire ou des transports en commun qui participent eux aussi de la qualité urbaine.
Le constat vaut aussi pour d’autres dossiers lorrains. On pense en particulier à ces débats confus sur les villes nouvelles qui sont censées voir le jour près de Pont à Mousson
dans un secteur pompeusement baptisé "espace central" ou face à Belval dans le cadre des ces "Ecopolis" qui participent aujourd’hui à en effet de mode aussi vain
que ridicule. Pensons-y avant d’aller plus avant.
On dira ce qu’on voudra mais les choses ne sont jamais simples. Prenez notre industrie, l’industrie lorraine. Depuis cinq ans, en termes d’emploi, c’est assez catastrophique. L’industrie en Lorraine perd 400 emplois par mois, 5 000 par an, 25000 depuis 2001 avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l’avenir de certain de nos bassins.
Il y a un mois je vous avais déjà parlé de cela en déplorant l’immobilisme de l’Etat. Reconnaissons que depuis les choses ont un peu changé. Le Préfet de
Certes Nicolas Sarkozy
Ceci étant rien n’est gagné, car au-delà du cas de Gandrange, de Toul ou de Carling c’est une véritable stratégie industrielle qu’il faut mettre en place en Lorraine.
Une stratégie industrielle qu’est ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’on s’accroche pour anticiper afin de parer les difficultés. Qu’on regarde comment soutenir les secteurs qui passent des moments difficiles. Cela veut dire aussi que l’on pose les bases d’une industrie nouvelle, plus moderne. Une industrie qui fabrique des produits de qualité. Est-ce que l’Etat doit faire tout le travail ? Bien sûr que non. Ce sont les entreprises qui doivent être en première ligne mais en travaillant aussi en collaboration avec les élus locaux, les partenaires sociaux, les universités. L’Etat peut aider à rassembler tout ce monde là, il peut aider à organiser l’action.
Pas inintéressant le sondage réalisé sous l’égide du Quattropole – qui aura au moins eu le mérite, pour une fois, de prendre une initiative. L’enquête vise en fait à mesurer le degré d’attractivité de chaque ville. On y découvre que le Luxembourg, culturellement et économiquement regarde surtout vers
Nous sommes en plein cœur du deuxième choc industriel que nous évoquons avec obstination depuis plusieurs mois au conseil économique et social de Lorraine. Dans la sidérurgie, pour des raisons culturelles profondes, la visibilité et la médiatisation sont fortes. Évidemment, dès lors, le président de la république -- qui sur médiatise tout -- s'est emparé du dossier, d'autant plus facilement que tout le monde lui demande de le faire.. Il a reçu cette semaine les organisations syndicales à l'Élysée, ce qui peut être interprété comme un geste de soutien, mais il décide d'en faire plus en se rendant sur place à Gandrange le 4 février. Cela ne les enchante guère. Tout cela fera certes des images à la télévision, mais au-delà ? Attention à ne pas donner de faux espoirs, comme on l’a fait trop souvent dans notre région
La métropolisation c’est le thème à la mode actuellement. Tout le monde ne jure plus que par cela, y compris il faut bien le dire, l’auteur de ces lignes. Mais que cache ce concept pour l’instant trop imprécis ? L’idée, évidente, que nos villes n’ont pas l’air de métropoles et ressemblent plus à des petites villes de provinces, par ailleurs mal identifiées. Il faut donc les muscler, faire en sorte qu’elles deviennent de grandes cités reconnues en France et en Europe.
Nous en discutons avec
A Metz le grand fantasme c’
Ce qu’il y a de terrible avec les transports collectifs c’est qu’ils autorisent tous les fantasmes. J’ai déjà évoqué ici celui du « RER en site propre », cette ligne ferroviaire virtuelle directe entre Metz et Nancy (ou entre Thionville et Luxembourg d’ailleurs) que certains voudraient bien construire sans savoir même quel serait son coût, son itinéraire, ni même son utilité exacte.
Un de mes amis, spécialiste du dossier, me confiait récemment qu’il avait la certitude que le PDU (Plan de Déplacement Urbain) élaboré depuis maintenant plus de dix ans ( !) n’avait qu’un seul objectif : celui de n’être jamais réalisé ! Et il est vrai que celui-ci est tellement compliqué dans sa réalisation, frôlant parfois l’intégrisme, rejetant totalement l’automobile, que chacun sent bien qu’il sera presque impossible à mettre en œuvre en l’état. Développer le transport en commun suppose certes la mise en place de sites propres mais aussi des mesures de bon sens beaucoup moins couteuses mais qui s’appuient sur une vraie politique de marketing et une organisation plus rigoureuse. La vente de tickets au détail dans les bus, pour ne prendre que cet exemple ralentit presque autant les bus que les embouteillages.
