J’ai une triste nouvelle à vous annoncer ce matin : le grand feuilleton lorrain, le feuilleton des deux gares lorraines d’interconnexion TGV, ce feuilleton va
bientôt prendre fin.
C’est vraiment dommage car il faut vraiment reconnaître que jusqu’à présent tout ça était plutôt passionnant. Au cas où vous auriez manqué les épisodes précédents je vous rappelle qu’il y a plus de dix ans, au moment de se lancer dans la construction du TGV, la SNCF faisait un choix étrange en ce qui concerne ce qu’on appelle la gare lorraine d’interconnexion, celle qui permet d’aller directement ailleurs qu’à Paris en France mais aussi en Allemagne.
Les ingénieurs de la SNCF décidèrent en effet de construire cette gare à Louvigny en Moselle. Un choix qui était certes compréhensible dans le climat de l’époque. Rappelons nous que personne n’était vraiment sur que la ligne serait construite.
Mais un choix étrange. La gare de Louvigny est située à 8 kilomètres de l’aéroport à 12 kilomètres de la ligne de chemin de fer qui relie Metz à Nancy ce qui ne permet d’assurer une liaison directe ni avec le TER ni avec l’avion. Un choix qui a pourtant été confirmé dans les faits puisque la gare de Louvigny a bien été construite et qu’elle est aujourd’hui opérationnelle. Mais une décision qui a toujours été contestée, plusieurs responsables lorrains estimant qu’il fallait malgré tout construire une nouvelle gare, reliée cette fois au rail à Vandières, en Meurthe et Moselle.
Je vous épargne volontiers les détails d’une dispute par rapport à laquelle l’affaire Dreyfus n’est qu’une aimable plaisanterie. Car en Lorraine il y a maintenant les Vandièristes et les Louvigniens. Les uns répètent à l’infini que Vandières est le choix du bon sens, les autres que Louvigny est aujourd’hui une réalité et qu’il est insensé de revenir en arrière.
Un feuilleton qui dure maintenant depuis des années et auquel j’ai moi-même participé. Autant vous l’avouer ce matin l’avouer je suis moi-même vandièriste. Je suis vandièriste car je suis convaincu que la modernité commande de développer maintenant au maximum les connexions entre le rail et le rail.
Ceci étant si nous voulons éviter le ridicule il est grand temps de terminer ce débat. Une enquête d’utilité publique vient de se terminer et c’est le Conseil d’Etat qui devrait trancher d’ici quelques mois. Quelle que soit sa décision : maintien de Louvigny, construction de Vandières, je plaide pour que chacun la respecte et qu’il n’y ait pas de recours. Car le feuilleton des deux gares est peut-être passionnant mais il peut aussi finir par nous ridiculiser. Comme dirait l’autre il faut savoir terminer un conflit pour éviter l’enlisement.
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