Voilà dont le Parti Socialiste dans le coma ainsi que la gauche en miette ! C’est ce que pensent en tout cas un grand nombre "d’observateurs" de la vie politique, ce que répètent aussi trop souvent certains leaders de la gauche eux-mêmes.
Selon tout ce monde là, il faudrait trouver un nouveau nom au Parti Socialiste (ou communiste) et surtout -expression radicale mille fois entendue- "changer de logiciel".
Devant ce qui ressemble parfois à de la panique il me semble qu’il faut d’abord garder son calme. N’importe quel
C’est pourquoi il me paraît essentiel de cesser ces exercices d’auto-flagellation publiques dont raffolent certains et dont le seul but me paraît davantage d’attirer l’attention sur ceux qui les profèrent.
Mais à l’évidence il faut aussi s’interroger. La campagne présidentielle a certes été menée de manière catastrophique, mais il est clair que depuis quelques temps la gauche ne parvient plus suffisamment à convaincre en profondeur à partir de ses fondamentaux : la solidarité, la protection des plus faibles, la construction commune d’une société plus juste, la confiance au progrès et au total l’émancipation de l’individu.
Devant cette difficulté certains ont tenté de repenser les fondamentaux eux-mêmes, voir même parfois d’investir le terrain des valeurs de droite.
Le faire sans préparation et de manière isolée ne peut conduire qu’au désastre. De ce point de vue je suis effaré de voir la façon dont à gauche on jette parfois aux orties la question de la réduction du temps de travail -qui dans tous les pays industrialisés va dans le sens de l’histoire- au prétexte que « les gens n’en veulent pas », ce que ne démontre aucune enquête d’opinion sérieuse. Capitulation en rase campagne qui ne fait qu’ouvrir la porte au fameux "travailler plus pour gagner plus" si cher à la droite et pourtant totalement surréaliste dans un pays où les deux tiers des personnes de soixante ans arrivent à la retraite en n’ayant plus d’activité professionnelle.
La question est donc moins d’affadir ce qui fonde la gauche en espérant -faussement- que cela permettra de mieux capter l’opinion que de réfléchir à d’autres angles d’attaques pour se faire comprendre et surtout ouvrir le débat avec une plus large majorité de citoyens.
Notre rapport à l’individu constitue de ce point, me semble-t-il, un des points essentiel de cette réflexion. Pour le dire de manière un peu caricaturale, la gauche a toujours eu une grande défiance vis-à-vis de l’individu, ne concevant celui-ci qu’intégré dans cette composante plus large qu’est le peuple. Mais que représentent ces deux entités aujourd’hui. Comment a évolué l’individu dans nos sociétés modernes ? Quel rapport a-t-il au collectif ? Comment évoluent les classes sociales elles-mêmes ? Comment les individus se comportent-ils à l’intérieur de leur classe. Autant de questions essentielles à traiter. Là se situe la véritable et nécessaire innovation.
Mais ce processus d’innovation ne rime pas nécessairement avec une droitisation des positions. Il s’agit au contraire de redynamiser les valeurs qui fondent
