On dira ce qu’on voudra mais la vie dans nos villages n’est pas toujours simple. Prenez ce conflit de voisinage il y a quelques jours près de Pont-à-Mousson. Si j’ai bien compris certains habitants d’un nouveau lotissement se sont plains de voir leurs voitures égratignées par les chèvres en liberté d’un élevage tout proche. J’espère que tout cela est rentré dans l’ordre et que ce petit conflit a cessé mais il est assez symbolique des évolutions que connaissent nos villages, du moins ceux qui sont proches des centres urbains.
Très souvent ceux-ci, qui n’étaient encore il y a quelques années que de petits bourgs ruraux sont devenus des entités beaucoup plus importantes où les lotissements prennent une place de plus en plus grande. Cela provoque certes parfois les conflits de voisinages dont je viens de parler mais pose un redoutable problème de gestion de l’espace. Car d’un point de vue économique et écologique le développement exponentiel de nos lotissements -unique en Europe- nous coûte très cher. Il permet certes quelques rentrées fiscales aux petites communes mais empiète sur des terres agricoles, il accentue l’usage de la voiture individuelle, il oblige sans cesse à agrandir nos routes et nos ronds points, il coûte cher au service public.
Vous qui me lisez et qui habitez peut être dans un lotissement ne culpabilisez car vous n’y êtes pour rien. Vous êtes allés vous loger là où le marché et vos moyens financiers le permettait dans des conditions beaucoup plus agréables que celles que connaissent parfois certains de nos quartiers dans les villes.
Il reste que globalement nous ne pouvons plus continuer comme cela, ne serait-ce qu’en raison du renchérissement du prix de l’essence. Il faut que nous sachions re densifier nos villes dans des conditions harmonieuses. C’est un sacré débat qui ne fait que commencer.
Commentaires
Si je suis interessé c'est en tant qu'élu rural qui assiste à cette explosion des communes rurales proches des grandes villes voire même au-delà dans des cercles de l'ordre de 30 km. La plupart de mes collègues mettent en oeuvre des PLU, carte communale avec bien souvent un développement plus ou moins important de la population de leurs communes, comme si l'on était mieux à 450 habitants que à 400 (12,5% de croissance), mais on est là dans le même ordre idée que toutes les solutions pronées pour résorber nos problèmes de dette, de chomage, etc la sacro-sainte croissance. Dans un espace fini, il va falloir finir par s'interroger sur cet unique porte de sortie.
Il y a 30 ans faire 30 kilomètres (aller)c'était la limite acceptable pour un déplacement vers son lieu de travail, aujourd'hui on voit régulièrement des gens faire 60 km et plus en voiture vers ce même lieu de travail, ce limite a limité l'exode rural et redonné un certain dynamisme aux communes rurales, mais effectivement il faut s'interroger sur ce phénomène à l'époque ou les combustibles fossiles se raréfient, à l'époque ou la densification va permettre des économies en terme de chauffage, de transport, ...
L'autre problème cité c'est effectivement le coût de l'immobilier, et on assiste actuellement à l'arrivée de néo-ruraux qui s'installent à la campagne et acquièrent un bien en rapport avec leur budget ce qui devient impossible en ville. L'augmentation du prix de l'immobilier touche également le monde rural, et j'ai constaté en près de 5 ans le doublement voire le triplement des prix, ce qui pose les mêmes problèmes à de jeunes ruraux pour s'établir dans leurs villages. Il faut dire à ce sujet que la multiplication des agences immobilières (regardez le nombre d'enseignes) n'est pas pour rien dans ce phénomène, les commissions étant proportionnelles au prix de vente on voit ou se situe leur intérêt. Je n'ai pas noté aucune proposition dans cette campagne qui visait à réguler ce phénomène, il y a là peut-être quelque chose à envisager de la part de la force publique.
