Une nouvelle fois les sondages ne se sont pas trompés. Comme prévu, le référendum anti –Sarkozy n’a pas donné les résultats escomptés. Il faut maintenant réfléchir à gauche -au-delà de la déception légitime des militants- aux raisons de cet échec prévisible. Sans précipitation mais sans perdre de temps. C’est toute la difficulté de l’exercice.
Quand au nouveau Président quelle est sa volonté –et sa capacité- réelle à réconcilier l’économique et le social ? C’est à cette aulne qu’il sera jugé, et vite discrédité s’il n’y parvient pas.
Commentaires
Le programme porté par Ségolène Royal existe. ce n'est pas parce qu'il n'a pas gagné quu'il n'existe pas et qu'il n'a pas sa cohérence.
Il peut avoir des insuffisance, il peut avoir été mal expliqué et porté (par tous), il peut aussi être fidèle à des valeurs mais ne pas correspondre à la majorité de la sociologie actuelle de notre société.
Je suis extrèmement marqué par le fait que Nicolas Sarkozy ne gagne que par un score massif des plus de 60 ans (génération de retraité la plus favorisée, en moyenne, selon les économistes)
J'essairai de développer ce point par ailleurs, mais finalement cette victoire de Nicolas Sarkozy est peut-être avant tout la victoire d'une nouvelle fracture de notre société, d'un changement pour que rien ne change (pour certains).
Sur cette base, on peut critiquer le pacte prsidentielle de Ségolène Royal et le choix de celle-ci (le rejet d'une candidature féminine est hélas plus forte dans la tranche des plus de 60 ans); mais cette base est plus complexe qu'un simple c'est un peu plus à droite ou un peu plus à gauche caricatural.
Chers amis merci de vos contributions pleines de sincérité et de respect pour le débat d’idée. Cela change un peu des invectives qui sont parfois lancées lorsqu’on essaie de creuser sans tabous quelques questions en sortant de l’immédiateté. Cher Hervé il est effectivement facile de parler aujourd’hui, à la fin du fin match, d’échec prévisible. Tous ceux qui me connaissent savent toutefois que depuis plusieurs semaines je voyais Nicolas Sarkozy gagner (de manière moins large il est vrai). D’accord avec vous chers M. et Mme Erasme pour considérer que Ségolène Royal est loin d’être la seule responsable de l’échec. De nombreuses erreurs stratégiques (voire tactiques) ont été commises. Je suis en train de rédiger un texte assez long revenant sur tout cela. Je partage beaucoup de vos constats. Enfin cher Mamadou il faut en effet réfléchir à ce que pourrait être une gauche moderne ou pour le dire autrement à la pensée renouvelée (je me méfie un peu du mot moderne, mot valise)

C'est premièrement un certain étonnement de vous voir parler aujourd'hui d'échec prévisible j'avais cru comprendre qu'il y avait autour de la candidate un enthousiasme certain et qui n'était pas seulement dû à la nouveauté de présenter une candidate, vous regrettez également la forme de référendum anti-sarkozy comme un aveu d'impuissance dans le programme de la candidate, je me trompe ?
Pour ce qui est du nouveau président vous vous interrogez sur sa volonté et surtout sur sa réelle capacité à réconcilier l'économie et le social, faut-il voir dans cette interrogation sur la capacité un doute sur la possibilité de cette réconciliation, venant du président du conseil Economique et Social l'existence de ce doute m'inquiète.
Dernièrement la question que je vous poserais, mais je pense que la réponse ne peut se résumer à quelques phrases, c'est quoi en 2007 un programme de gauche. Je pense que la victoire de N. SARKOZY tient surtout en l'existence d'un programme (quoi qu'en soit le contenu), que la confrontation des programmes a été défavorable à S. ROYAL lors du débat de la semaine dernière et que le décrochage de cette dernière vient de ce moment là. J'avais eu cette impression à l'issue de ce débat et je m'étais ensuite interrogé en entendant et en lisant L. JOFFRIN qui voyait S. ROYAL vainqueur du débat, l'éditorial trés sobre, trés juste et l'aveu de son erreur d'appréciation dans libé. de ce jour me confortent ainsi à penser qu'il est difficile au delà des incantations de construire un programme de gauche réaliste, pragmatique et tenant compte de la mondialisation.