La mode est aux transfuges. Les transfuges sont à la politique ce que les transferts sont au football. En football il est devenu d'usage qu'un joueur parisien (pour ne prendre que cet exemple) proclame son attachement indéfectible au PSG quelques heures avant de signer à l'olympique de Marseille.
En politique c'est aujourd'hui pareil. Quelques jours à peine après avoir fustigé son adversaire, tel responsable politique (la spécialité paraît pour l'instant assez masculine) le rejoint sans vergogne en estimant que, décidément, celui-ci est le seul qui soit clair.
Car le transfuge ne change pas d'opinion, c'est l'opinion qui change. En outre il ne pense pas bien sûr à lui, mais à l'intérêt de ses concitoyens. Au nom de l'intérêt général, il s’adapte et découvre dans une vision quasi divine que celui qu'il attaquait était au fond d'accord avec lui et très proche de ses propres convictions. Car ne nous y trompons pas le transfuge est visionnaire. Comme tout visionnaire, aveuglé par le regard qu'il porte vers l'avenir, il oublie évidemment ses déclarations passées. Une règle et même un théorème indiquent d'ailleurs que plus celles-ci étaient radicales, plus la valeur du transfert est grande, plus le transfuge est identifié. C'est ce que dans le langage politique actuel on appelle de belles prises.
Je sais bien qu'en Lorraine nous sommes assez habitués à cela notamment au niveau économique. Il y a quelques années tous les sidérurgistes savaient que lorsqu'on repeignait l'usine cela signifiait en fait qu'elle serait fermée quelque jours plus tard. Il n'empêche je ne suis pas certain que tous les citoyens soient fascinés par le phénomène et surtout que tout cela redouble leur appétit pour la politique.
En cette période de fin d'année il arrive souvent qu'on fasse du classement et qu’on (re) découvre les déclarations des uns et des autres dans les journaux locaux. Formulées quelque mois auparavant est aujourd'hui sorties de l'actualité elles deviennent souvent dérisoires.
Ainsi en est-il de l'affaire de l'IUFM qui avait pourtant défrayé la chronique tout au long de l'été 2007. Sur cette question, à quelques exceptions près, l'ensemble de la classe politique messine était montée au créneau : pas question d'admettre le rattachement de l'Institut de formation des maîtres de la Moselle à l'Université de Nancy. Ce serait condamner Metz, la ravaler au rang de sous-préfecture, céder à une nouvelle injustice au profit de la cité ducale. Rappelons que deux ou trois postes de secrétaires étaient en jeu sur cette question.
Six mois plus tard il faut bien constater que la révolte messine n'a rien changé au projet initial et surtout que tout le monde a survécu. Chacun s'accorde d'ailleurs à die- c'est très tendance aujourd'hui- que le rapprochement entre Metz et Nancy devient une nécessité absolue. Décidément, comme le disait le poète avec le temps, avec le temps oui tout s'en va.
C'était il y a quelques mois, en mai dernier, à l'occasion d'un voyage découverte du TGV-Est vers Paris.
Selon un des adjoints de l'actuelle municipalité, il ne faut pas toujours vouloir animer les places piétonnes, il faut les laisser respirer. On imagine sans peine ce que vont devenir demain les « respirations » d'espaces beaucoup trop étendus. On pense évidemment en premier lieu à la place de la République.
Dans la vie il y a les « sachants » et les « apprenants ». Vous êtes les « sachants » me dit Claude Gaillard, conseiller régional d'opposition. Il reprendra d'ailleurs cette expression dans son intervention en séance plénière du conseil régional le 21 décembre.
Pas content l’ami Claude – en tout cas moins que sur la photo- parce que le CES l’a contré sur l’affaire du « site propre ferroviaire destiné à unir la Lorraine en passant par Louvigny et l’espace central ». C'est vrai qu'il faut que nous fassions attention à ne pas être trop donneurs de leçons. Ceci étant coût de cette opération -- et personne ne le conteste -- 600 millions d'euros. Dans ces conditions que deviendrait la gare de Vandières (100 millions d'euros) et pourquoi avoir investi 100 millions d'euros de plus pour moderniser
Ainsi donc il ira. Fin du feuilleton et victoire par KO de l’ami Jean Christophe ainsi que d'un certain nombre d'entre vous amis lecteurs. La peur du vide aura donc été plus forte que l’angoisse du combat de trop dans une configuration politique très difficile. C’est son droit et son choix.
Ça y est c’est parti, les premières cartes de vœux arrivent. Fait de plus en plus marquant : la plupart d’entre elles ne sont ni personnalisées ni signées. Quelques-unes tentent de donner l’illusion avec un texte manuscrit mais qui est manifestement pré-imprimé.
On m’expliquera l’intérêt de tout cela qui donne surtout du travail supplémentaire aux secrétariats respectifs de tous ces grands personnages.
On devrait d’ailleurs prévoir en guise de réponse un carton sur lequel il serait écrit : "Le secrétariat du Président X remercie le secrétariat du Président Y de s’être donné tant de mal pour envoyer une carte qui finit très vite à la corbeille". Triste époque.
Une seule méthode : proposez la création d’une ligne de chemin de fer nouvelle. N’hésitez pas à être très utopique, très irréaliste. Ignorez l’existant, même si vous le faites bien fonctionner (et plus encore si vous ne le faiteS pas). Peu importe, vous apparaitrez alors comme celui (ou celle) qui va de l’avant, qui sait se projeter dans l’avenir, en particulier par tous ceux qui ne prennent jamais les transports en commun (et qui ne les prendrons pas plus si jamais, même si par le plus grand des hasards votre projet se réalisait). Quand on vous rétorque que tout cela coutera cher indiquez péremptoirement que « l’Europe peut payer » (même si vous avez voté non au référendum), ou invoquez un « partenarial public-privé ». Cela ne veut pas dire grand chose mais ça fait très chic.
Ce qu’il y a de bien avec le chemin de fer c’est qu’il autorise tous les fantasmes (politiques bien sûr). Vous êtes un homme ou une femme politique ? Vous êtes un peu perdu ou vous ne savez plus que faire pour montrer que vous êtes un visionnaire et que -vous !- vous avez un vrai projet ?
C’est en tout cas cette bonne vieille technique que viennent d’utiliser successivement le maire de Metz, celui de Terville et le président du Conseil Régional qu’on croyait pourtant à l’abri de ce type de fantasmes.
Le premier propose un "Métro messin" utilisant les lignes des ceintures de la SNCF, ce qui fait très joli sur le papier mais n’a aucun sens et amuse beaucoup les cadres de
Surtout ne donnez aucune échéance pour la réalisation de votre projet. Dans deux ans de toute manière on sera passé à autre chose.
Tiens pour une fois
Un de mes amis, spécialiste du dossier, me confiait récemment qu’il avait la certitude que le PDU (Plan de Déplacement Urbain) élaboré depuis maintenant plus de dix ans ( !) n’avait qu’un seul objectif : celui de n’être jamais réalisé ! Et il est vrai que celui-ci est tellement compliqué dans sa réalisation, frôlant parfois l’intégrisme, rejetant totalement l’automobile, que chacun sent bien qu’il sera presque impossible à mettre en œuvre en l’état. Développer le transport en commun suppose certes la mise en place de sites propres mais aussi des mesures de bon sens beaucoup moins couteuses mais qui s’appuient sur une vraie politique de marketing et une organisation plus rigoureuse. La vente de tickets au détail dans les bus, pour ne prendre que cet exemple ralentit presque autant les bus que les embouteillages.
