Le Nouvel Observateur publie un numéro hors série consacré à la mort. Il laisse des philosophes, des écrivains ou des personnalités d’origine diverses exprimer l’approche d’un phénomène qui nous concerne évidemment tous : notre propre disparition. Beaucoup d’auteurs développent le thème "du vieux sage", de la philosophie qui aide à vivre mais Jean-François Deniau les prend complètement à contre-pied. Pour cet homme qui a connu des problèmes de santé ahurissants tout au long de son existence et qui est un véritable survivant vivre c’est d’abord agir et plus encore faire face.
Le constat peut sembler banal mais il explique en grande partie la longévité et plus encore l’obstination dans la durée des hommes et (un peu moins sans doute) des femmes politiques. Toute leur vie, quoi qu’on en dise, ils se sont construits dans la lutte, dans le combat pour prendre le pouvoir ou pour le conserver. C’est le fondement même de leur existence qui est dès lors remis en cause. D’où la difficulté de poser calmement le débat. Pour progresser il apparaîtrait essentiel que chacun sorte de son jeu de rôle. J’y reviendrai prochainement.
L’affaire de la piste cyclable de l’avenue de Nancy est, à tous les égards, symbolique de dysfonctionnements démocratiques et de l’incapacité à traiter au fond une question complexe.
D’un côté une avenue commerçante, pourvue de nombreuses places de stationnement. Par qui sont-elles occupées ? Résidents ? Commerçants ? Clients ? Nul n’en a une idée précise. Légitimement les commerçants sont attachés à ce qu’on puisse stationner devant leurs magasins ce qui est compréhensible. Dans l’état actuel des choses ce n’est déjà pas très facile alors que les places sont très nombreuses (mais qui stationne vraiment ?).
De l’autre la C
Devant la colère des commerçants un adjoint tente vaguement de calmer le jeu. On en est là pour l’instant.
Chacun voit bien dans cette affaire l’absence de conviction, le déficit de communication et de tout processus de négociation. En pleine canicule (avec ses conséquences polluantes) il ne paraît pourtant pas très compliqué d’expliquer que le développement d’alternatives en matière de transports est indispensable.
Pour le moins devrait on essayer car le grand public est aujourd’hui réceptif à cette question comme l’a montré ‘assistance record présente à la conférence organisée par l’ami Missoffe avec Nicolas Hulot. Encore faut-il y croire du côté des élus. Mais y croit on vraiment ? En tout cas la force de conviction de Jean Marie Pelt semble pour l’instant peu efficace en ce domaine.
Ceci étant, à l’inverse il faut aussi savoir tenir compte des préoccupations économiques dès uns et dès autres. On n’arrêtera pas totalement la circulation automobile en France dans les trois semaines qui viennent. Il faut donc trouver des compromis.
Ce sont ces lieux d’élaboration des compromis qui n’existent pas à Metz, seule agglomération française à ne pas disposer d’un conseil de développement où seraient représentées toutes les parties. On aurait pu alors examiner le projet, l’amender, trouver des réponses adaptées même si on sait que tout cela n’est pas facile.
La politique c’est aussi la gestion intelligente des contradictions.
