Lundi 31 mars 2008

 On dira ce qu’on voudra mais quelle campagne à rebondissements que celle des municipales à Metz. Un ami journaliste qui souhaite publier un livre sur ces six derniers mois de folie me lit quelques extraits au demeurant fort bien écrits. Ils sont édifiants. Qui se souvient que le 20 septembre Jean-Marie Rausch déplorait la faiblesse de son opposition et se félicitait de ce que l’on parle de lui ("Lorsque l’on ne parlera plus de moi je serai mort"). Qui a encore en mémoire le fait que Pierre Bertinotti se déclarait à la même période comme étant le seul opposant à JMR avant de le rejoindre sans armes ni bagages quelques semaines plus tard. Le même Bertinotti dont je relis avec tristesse une lettre du 2 (il y a moins de trois mois) adressée aux militants socialistes dans laquelle il écrit "je demande qu’on me juge demain aux actes lorsque je serai aux affaires" employant non pas le conditionnel mais le futur. Quelle confiance en l’avenir !

 

Jeudi 27 mars 2008

 

« Mais qu’est ce que j’ai fait à mon rédacteur en chef pour mériter ça ? » se demandait Laurence Duvoid journaliste à France3 Lorraine , dans le journal de 19h, après avoir suivi tout au long de la journée les six heures de débat du « Congrès » réunissant à Metz les deux assemblées de la Région lorraine : le Conseil régional et le Conseil Economique et Social. Il faut reconnaitre qu’elle n’avait pas tort. Avec le recul –et avec toute l’amitié que l’on a pour les concepteurs du projet- on voit bien que l’initiative qui consistait à diffuser en direct cette séance était une fausse bonne idée. Même au nom de cette fameuse démocratie participative personne ne pouvait sérieusement s’intéresser à une séance aussi complexe aussi technique et –il faut bien le dire – souvent aussi ennuyeuse. Même si la retransmission était techniquement réussie, il faudra revoir l’exercice dans d’autres conditions. En sortant de l’illusion qu’on est démocratique dès lors qu’on ouvre aux citoyens des réunions  qui restent –et c’est souvent normal- complexes et peu lisibles pour le non initié.

Mercredi 26 mars 2008

 

Franchement je trouve que Dominique Gros, le nouveau maire de Metz, qui a pris une véritable envergure au cours de la campagne, continue à être bien dans le ton en apportant au passage une dimension éthique qui ne fait pas de mal. La presse a par contre relevé la présence un peu trop appuyée lors du conseil municipal d’installation de ce qu’il est convenu d’appeler l’appareil socialiste (ou communiste) ce qui ne paraissait pas, en effet, très opportun. La victoire de Gros c’est d’abord celle d’une équipe, avec de fortes sensibilités de gauche, mais une équipe qui s’est construite par elle-même. Il paraît important de rester dans cette dynamique.

Lundi 24 mars 2008

 

Une semaine après les élections municipales, un court séjour au bord de la mer du Nord. Un constat frappant en parcourant la presse locale : de nombreux maires sortants ont été renvoyés dans leur foyer. A Berck où un jeune maire de droite est battu par un conseiller général PS de …73 ans, mais aussi à Montreuil, à Etaples et encore à Eu, à Fort Mahon sans parler d’Amiens. Autre constat : tous les élus débarqués l’ont été alors qu’ils avaient mis en route des investissements spectaculaires dans le domaine du tourisme : golfs, villages vacances, résidences… Près du Touquet est même prévu un "Opalapolis" associant des entreprises (Valeo), des PME, un golf, une navette fluviale, un complexe sportif. Un projet visant à créer une ville nouvelle selon le concept "d’Ecopolis" très à la mode actuellement.

 On voit bien que dans la tête des élus galope le sentiment qu’à travers ces projets ils vont réaliser quelque chose de grand, de beau, de porteur pour leur région. Le problème c’est que les populations, qui n’ont décidément rien compris, ne se retrouvent pas du tout là dedans ayant le sentiment qu’on ne s’occupe plus d’eux pour au contraire attirer d’autres habitants qui apparaîtraient plus intéressants. La colère des élus éliminés, qui accusent leurs concitoyens de ne pas se soucier de l’avenir en refusant des investissements significatifs n’y change rien : leurs électeurs n’en ont pas voulu et souhaitent qu’on laisse un peu tomber les investissements de demain au profit du fonctionnement d’aujourd’hui. Cette distinction traditionnelle entre les premiers qui seraient nécessairement vertueux alors que les dépenses courantes seraient par principe néfastes, cette distinction est d’ailleurs très contestable et de plus en plus contestée par de nombreux économistes. 

Comment dès lors ne pas faire le rapprochement avec ce qui s’est passe en Lorraine. Certains maires sortants n’ont cessé de mettre en avant de prestigieuses réalisations passées et à venir. Mais il a été facile à leurs opposants de démontrer que le quotidien avait aussi de l’importance dans le domaine, par exemple, du périscolaire ou des transports en commun qui participent eux aussi de la qualité urbaine. 


Le constat vaut aussi pour d’autres dossiers lorrains. On pense en particulier à ces débats confus sur les villes nouvelles qui sont censées voir le jour près de Pont à Mousson dans un secteur pompeusement baptisé "espace central" ou face à Belval dans le cadre des ces "Ecopolis" qui participent aujourd’hui à en effet de mode aussi vain que ridicule. Pensons-y avant d’aller plus avant.

 

Samedi 15 mars 2008

undefinedQuelle semaine et quel spectacle !!! Ceci étant est ce vraiment très étonnant ? Il y a une semaine encore, beaucoup –y compris à gauche – me disaient « que tout ce monde là finirait par ce mettre d’accord » et que Dominique Gros n’avait aucune chance. Mais penser cela c’était méconnaître la situation politique locale qui est profondément marquée par des éléments qui sont autant psychologiques que logiques.

 

C’est de plus en plus souvent le cas en politique et ce n’est pas anormal. Les partis n’étant plus réunis autour de doctrine cohérentes et visibles la personnalité des hommes et des femmes devient un élément central. De ce point de vue il m’a toujours paru hautement improbable que deux femmes qui ont été grossièrement humiliées pendant des années par le maire sortant puissent le rejoindre sur un simple claquement de doigt. (C’est pourquoi j’ai pu penser que JMR ne se représenterait pas ; mais aveuglé par une pratique d’humiliation permanente il n‘a jamais perçu la hauteur du ressentiment vis-à-vis de sa personne)

 

Dimanche soir JMR a très concrètement récolté ce qu’il a semé pendant des années. La durée tout à fait excessive du mandat, une incapacité à se renouveler vraiment à fait le reste. S’il l’emportait dimanche soir ce serait en tout cas la preuve indiscutable que rien dans la vie n'est jamais irreversible. Ceci étant, très honnètement, je vois mal comment Dominique Gros pourrait être battu dimanche

Lundi 10 mars 2008

undefinedIl y a quelques semaines le maire sortant de Metz avait eu une de ces phrases péremptoires dont il a le secret et dans laquelle il affirmait qu’en politique le degré de haine était un élément déterminant de la victoire ou de la défaite. C’est celui qui est le plus détesté qui perd, avait il dit. Je me fais une autre idée de la politique mais il faut bien reconnaître que ce contexte s’applique parfaitement à la situation à Metz.

 

Tout le monde sait à Metz que Marie-Jo Zimmerman et Nathalie Griesbeck, pour des raisons qui leur appartiennent, ne s’aiment pas du tout. Elles se vouvoient et se serrent à peine la main. Que ces deux femmes aient préféré taire leur animosité pour tenter de faire cause commune en dit long sur leur rejet du maire actuel et la nature des humiliations qu’il leur a fait subir. Reconnaissons en outre que leur choix, s’il se confirmait, est logique. En fusionnant leurs deux listes, elles risquent de perdre à court terme, mais elles pensent faire le pari de l’avenir. A bien y réfléchir la seule vraie chance de faire gagner la droite serait d’ailleurs que Jean-Marie Rausch se retire. En tout état de cause, Dominique Gros apparaît comme très bien placé. Il a fait une très bonne campagne et s’est vraiment révélé au fur et à mesure de celle-ci.

Dimanche 9 mars 2008
photo2.pngAvec la disparition de Jean Laurain c’est sans nul doute une page qui se tourne. Comme le rappelle justement Joël Berger ce matin dans le Républicain Lorrain, j’ai rarement rencontré un homme aussi peu intéressé par le clinquant du pouvoir, concentré qu’il était sur ce qui lui paraissait l’essentiel. Une autre époque.
Vendredi 7 mars 2008

Dominique Gros m'a demandé de faire partie de son comité de soutien. J’ai volontiers accepté car j’ai du respect et de l'amitié pour cet homme compétent et dynamique ainsi que pour nombre de ses colistie(res). Ils seront parfaitement capables d'animer la cité demain. 

par Roger CAYZELLE publié dans : L'ACTUALITE
Samedi 1 mars 2008
images-copie-1.jpgOn dira ce qu’on voudra mais les choses vont vraiment très vite en politique. Il y a trois mois à peine Jean Marie Rausch et Marie Jo Zimmermann se battaient pour récupérer l’investiture UMP. Aujourd’hui plus personne ne la revendique en sachant que le simple affichage du sigle du parti du Président fait perdre des points. On peut même lire dans la presse locale qu’un militant de la liste MJZ se plaint amèrement du comportement présidentiel  dans des termes particulièrement vifs que personnellement je n’aurais pas osé employer. Mais tout celà peut aussi changer rapidement. En attendant, dans ce contexte, il sera intéressant de voir dans quelles conditions et sous quelle étiquette s’effectuerait une éventuelle fusion des  listes JMR – MJZ. Suspense. 

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