On dira ce qu’on voudra mais c’est une image que nous voyons trop souvent chez nos amis de France 3 dans l’édition du soir. C’est une image qu’ils ont raison de passer mais dont il faut bien dire qu’elle marque les esprits : il fait froid, le temps est gris. Dans la cour de l’usine, les ouvriers allument un feu à l’aide de palettes de bois. Les responsables du comité d’entreprise expriment leur détermination mais aussi souvent leur scepticisme sur l’avenir de leur "boîte". Dans le même temps, des salariés font face à la caméra. Ce sont souvent des ouvrières qui disent avec force leur désarroi, rappellent qu’elles sont dans l’entreprise depuis des années, estiment qu’à leur âge elles ne sauront rien faire d’autre et se demandent surtout quel sera leur avenir.
Bien sûr toute la Lorraine n’est pas résumée là. Bien sur la Lorraine à un avenir les reconversions seront possibles. Mais en attendant la Lorraine est aussi là. Elles est dans ces hommes et ces femmes qui ont le souvent le sentiment qu’on les abandonne ou qu’on les sacrifie sur l’autel de la mondialisation.
Or la Lorraine n’est pas une entité abstraite. Elle se construit aujourd’hui avec des hommes et des femmes qui y habitent. Ils ont une histoire personnelle qui s’inscrit elle-même dans une culture collective.
La question n’est pas aujourd’hui de considérer cette culture comme dépassée, faisant partie d’une histoire ancienne dont il faudrait se débarrasser au plus vite. Ce serait un pari absurde car il tournerait le dos à ce qui fonde le développement d’une région, sans se demander avec qui se construira la Lorraine de demain.
Pour parler clair c’est d’abord avec les gens qui habitent cette région que l’on construira la Lorraine de demain. C’est en s’appuyant sur eux que l’on pourra donner envie à d’autres personnes venues d’ailleurs de nous rejoindre pour relancer notre démographie, pour éviter que nous commencions à perdre des habitants. Toute autre perspective, et notamment celle qui consisterait à dire : c’est la fin des ouvriers, passons à autre chose », toute autre solution accentuerait le clivage dans la population.
C’est un sacré défi car cela veut qu’il faut que nous soutenions vraiment ceux qui sont en difficulté, que nous les aidions à reprendre pied et que nous remettions ensemble tout le monde en mouvement : jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, habitants actuels et nouveaux arrivants. C’est un redoutable défi mais c’est un beau défi. Sachons le relever ensemble.
Marc Houver, Directeur du CES de Lorraine, a été ré-élu il y a quelques jours à l’unanimité président de l’IUT de Thionville-Yutz. Un résultat qui n’est pas surprenant de la part d’un homme qui est une véritable machine à fabriquer du consensus. Non pas un consensus sans perspective mais au contraire une mise en synergie qui soit porteuse et qui puisse faire sens. Marc est de ce point de vue une pièce essentielle dans le travail très collectif développé par le CES de Lorraine.
C’est pour moi une vraie chance de pouvoir travailler avec lui. Avec d’autres nous avons encore bien des choses à faire ensemble.
On dira ce qu’on voudra mais c’est quand même un grand moment, le TGV va rouler pour la première fois avec des voyageurs sur la ligne à grande vitesse. Départ prévu à 16h08.
Pendant que les grands élus avancent au compte goutte, avec mon vieux complice Patrice nous filons à l’avant à la rencontre du conducteur. C’est un alsacien, très sympa, décontracté mais très fier aussi. Il nous accueille en cabine où nous prenons une photo grâce à l’aide précieuse d’un journaliste des DN
Retour à l’arrière où nous accueillons uns à uns les élus. Echange avec François Dosé sur la gare de Commercy. Gérard Longuet décontracté ; photo souvenir avec Marie-Jo Zimmermann. Jean-Louis Masson officie et m’explique la meilleure stratégie pour devenir maire de Metz.
Rencontre avec Mireille Faugère, la directrice des grandes lignes de la SNCF. C’est elle qui a piloté la politique des tarifs de la SNCF. Elle a un choc quand je lui présente Patrice Sanglier, rapporteur du document contestant dans le détail les prix des billets TGV Grand Est. Mais c’est une femme qui a du cran.
16h08 le convoi s’élance. Quelques minutes plus tard il est à pleine vitesse. Les gendarmes sur chaque pont, de nombreux photographes. Impression totale de modernité. Beauté des paysages lorrains. Le début d’une nouvelle aventure pour la Lorraine.
Ça y est nous nous sommes abonnés au Tageblatt, un des principaux journaux luxembourgeois, dont l’ami Jean-Pierre Cour est un des correspondants pour la Lorraine.
Nous ne devons pas être très nombreux à lire ce quotidien très bien fait. Comme je le déplore régulièrement il est quasiment impossible de trouver à Metz la presse de la Sarre, du Grand Duché et la Belgique, sans parler de la presse internationale.
Composé de cinq à six cahiers le quotidien a la particularité d’être publié en allemand (pour l’essentiel) mais aussi en français, chaque journaliste rédigeant son article dans la langue de son choix. Cette plongée quotidienne dans un pays si proche et à la fois si lointain est évidemment passionnante. Le niveau particulièrement élevé des manifestations culturelles qui y sont proposées frappe dès la première lecture. (Anne-Sophie Mutter en concert cela fait ici partie du quotidien.)
Contrairement à l’ironie facile qui s’abat souvent sur la campagne de communication du Conseil Régional, je trouve que celle-ci était plutôt futée. En utilisant l’effet de surprise, le décalage, l’utilisation grandissante d’internet cette campagne a visé juste. Elle a donné de la lisibilité, montré une image moderne de la Lorraine. Même si ses limites sont évidentes, notamment dans la difficulté à redescendre sur terre et à faire apparaître plus précisément les projets régionaux, c’est dans cette direction qu’il faut aller.
Par contre on ne saurait trop conseiller aux élus de la majorité régionale de cesser de se servir sans arrêt de ces slogans dans des débats internes. C’est mesquin, petit bras et cela ne peut que se retourner à terme contre ceux qui, sur tel ou tel projet, n’auront su décrocher la lune. Une campagne de com doit d’abord demeurer externe.
Jean-Marie Rausch est très en colère après moi. Cet homme incarne tellement sa ville que la moindre critique lui apparaît comme une attaque personnelle inacceptable. Qu’avais-je dit de si terrible sur RTL9 fin janvier et dans TELE ST
J’avais avancé l’idée que l’avenir de la Lorraine passe par le développement de ses villes. De ce point de vue nos villes les plus importantes manquent encore de puissance ; Seul Nancy approche des dimensions d’une véritable métropole européenne. C’est une évidence et un chantier sur lequel travaillent d’ailleurs les grandes villes du Sillon Lorrain (Epinal-Nancy-Metz et Thionville) mais que le premier magistrat messin accepte difficilement.
Constater que la dynamique nancéienne et actuellement plus forte que celle de la cité messine, n’est effectivement pas facile à admettre pour nous messins. Mais au fond de nous même nous le savons bien, tout comme Jean-Marie Rausch, qui selon sa propre expression place des grues partout et multiplie les chantiers pour rattraper le retard sur la cité ducale.
A bon escient ? C’est toute la question. Nous aurons largement l’occasion d’en reparler dans les semaines qui viennent.
C’est Yannick Kusy, talentueux journaliste à France 3 Lorraine qui m’incite à reprendre ce blog, au moment où nous nous sommes rencontrés à l’ESSIDEC pour justement parler… des blogs. Evoquant le blog du
En attendant, si vous me l’avez pas encore fait découvrez le blog de Yannick Kusy : http://yannickkusy.over-blog.com/
Le Nouvel Observateur publie un numéro hors série consacré à la mort. Il laisse des philosophes, des écrivains ou des personnalités d’origine diverses exprimer l’approche d’un phénomène qui nous concerne évidemment tous : notre propre disparition. Beaucoup d’auteurs développent le thème "du vieux sage", de la philosophie qui aide à vivre mais Jean-François Deniau les prend complètement à contre-pied. Pour cet homme qui a connu des problèmes de santé ahurissants tout au long de son existence et qui est un véritable survivant vivre c’est d’abord agir et plus encore faire face.
Le constat peut sembler banal mais il explique en grande partie la longévité et plus encore l’obstination dans la durée des hommes et (un peu moins sans doute) des femmes politiques. Toute leur vie, quoi qu’on en dise, ils se sont construits dans la lutte, dans le combat pour prendre le pouvoir ou pour le conserver. C’est le fondement même de leur existence qui est dès lors remis en cause. D’où la difficulté de poser calmement le débat. Pour progresser il apparaîtrait essentiel que chacun sorte de son jeu de rôle. J’y reviendrai prochainement.
L’affaire de la piste cyclable de l’avenue de Nancy est, à tous les égards, symbolique de dysfonctionnements démocratiques et de l’incapacité à traiter au fond une question complexe.
D’un côté une avenue commerçante, pourvue de nombreuses places de stationnement. Par qui sont-elles occupées ? Résidents ? Commerçants ? Clients ? Nul n’en a une idée précise. Légitimement les commerçants sont attachés à ce qu’on puisse stationner devant leurs magasins ce qui est compréhensible. Dans l’état actuel des choses ce n’est déjà pas très facile alors que les places sont très nombreuses (mais qui stationne vraiment ?).
De l’autre la C
Devant la colère des commerçants un adjoint tente vaguement de calmer le jeu. On en est là pour l’instant.
Chacun voit bien dans cette affaire l’absence de conviction, le déficit de communication et de tout processus de négociation. En pleine canicule (avec ses conséquences polluantes) il ne paraît pourtant pas très compliqué d’expliquer que le développement d’alternatives en matière de transports est indispensable.
Pour le moins devrait on essayer car le grand public est aujourd’hui réceptif à cette question comme l’a montré ‘assistance record présente à la conférence organisée par l’ami Missoffe avec Nicolas Hulot. Encore faut-il y croire du côté des élus. Mais y croit on vraiment ? En tout cas la force de conviction de Jean Marie Pelt semble pour l’instant peu efficace en ce domaine.
Ceci étant, à l’inverse il faut aussi savoir tenir compte des préoccupations économiques dès uns et dès autres. On n’arrêtera pas totalement la circulation automobile en France dans les trois semaines qui viennent. Il faut donc trouver des compromis.
Ce sont ces lieux d’élaboration des compromis qui n’existent pas à Metz, seule agglomération française à ne pas disposer d’un conseil de développement où seraient représentées toutes les parties. On aurait pu alors examiner le projet, l’amender, trouver des réponses adaptées même si on sait que tout cela n’est pas facile.
La politique c’est aussi la gestion intelligente des contradictions.
