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Vous en souvenez sans doute Sarah, il y a quelques dizaines d’années on appelait la Lorraine le Texas
français. La richesse du sous-sol de notre région avec l’eau, le minerai et le charbon avaient en effet permis de développer la sidérurgie, les mines, le textile et d’attirer au fil du
siècle des centaines de millier de salariés. Beaucoup venaient d’Italie, de Pologne ou du Portugal. Ils ont fait en sorte que notre région devienne une des plus riches de France d’où l’appellation du Texas français. Depuis que nous avons cessé ces exploitations nous avons eu plus de mal. Il
faut penser à d’autres éléments de richesse.
Il y a quelques jours sur France Bleu on annonçait que la Lorraine regorgeait de pétrole et de gaz naturel ce qui a beaucoup fait rêver l’oncle Henri. Il s’imaginait déjà comme à Dallas avec un grand chapeau au volant d’une superbe voiture américaine.
Ne fantasmons quand même pas trop. Exploiter en masse de nouvelles nappes de pétrole ou de gaz s’annonce entièrement compliqué. Mais n’oublions pas que nous avons dans notre sol deux autres éléments de richesse très important.
Le premier c’est le bois. Nous sommes une des régions les plus boisée de France et nous n’exploitons pas suffisamment ce potentiel. Les élus et les pouvoirs publics travaillent beaucoup en ce moment pour faire en sorte que cette ressource fantastique ne parte pas directement à l’étranger.
La seconde ressource de la Lorraine c’est l’eau. Notre sous-sol est très riche en eau y compris jusque dans nos eaux d’exhaures, celles qui ennoient actuellement les mines de fer.
La Lorraine s’est dotée d’un pôle de compétitivité eau avec de nombreux chercheurs qui travaillent sur l’exploitation, la présentation et la distribution d’un élément qui sera dans quelques années aussi important que le pétrole car la bataille de l’eau ne fait que commencer.
Voilà en tout cas des raisons d’espérer et de penser que tout n’est pas perdu en Lorraine, bien au contraire.
Je ne voudrais pas casser l’ambiance en ce beau matin de fin d’été lorrain mais ça ne va pas fort pour la Lorraine en
ce moment. Près de 150 000 chômeurs, record historique, augmentation du chômage de longue durée et de celui des seniors.
Tout cela n’est pas bon du tout. Cela fait apparaître une Lorraine qui reste fragile et qui ne redécolle pas. Et ce qu’on appelle pudiquement les accidents industriels, la fermeture de la fromagerie Lactalis, ou l’arrêt, que tout le monde espère provisoire, de la filière liquide de la sidérurgie, ces événements brutaux n’arrangent évidemment pas les choses. Au cours des huit dernières années la Lorraine a perdu 45 000 emplois dans l’industrie. C’est une véritable saignée.
Dans un premier temps à Florange bien sûr mais plus encore à Xertigny, il faut que les pouvoirs publics se donnent les moyens de protéger les salariés victimes de ces coups durs. Les syndicats et les élus ont évidemment raison de se mobiliser autour de ces objectifs.
Au-delà, je plaide pour que nous gardions les uns et les autres tous nos nerfs. Notre région connaît une période très difficile mais n’en rajoutons pas, ne repeignons pas tous les matins la Lorraine en noir ! Car nous diffusons à l’extérieur une image négative qu’il faut ensuite tenter de combattre à grand renfort de campagnes publicitaires vantant les vertus de la région.
Evitons aussi l’auto suggestion négative. Il y a deux semaines se tenait à Nancy un colloque rassemblant les disciples de Docteur Coué, ce pharmacien nancéien très connu au 19ème siècle. Il avait démontré que des pensées négatives accentuaient encore nos problèmes alors que penser positif permettait de mieux faire face.
Alors évidemment ce n’est pas facile tous les jours mais ne laissons pas infuser le poison du désespoir qui installe progressivement l’idée que l’avenir de la Lorraine est définitivement bouché. Ça ne sert à rien et en plus c’est faux. Au-delà des coups durs, la Lorraine a de vrais atouts dans sa manche pour rebondir. Nous aurons bien sur largement l’occasion d’en reparler.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais nous sommes submergés chaque jour de déclarations d’hommes et de femmes
politiques sur les sujets les plus divers. Elles se contredisent souvent, tout ça part un peu dans tous les sens sans qu’on y comprenne toujours grand-chose. Si on y ajoute les
revirements dans les prises de décisions la confusion est souvent très grande.
Tenez prenez la taxe sur les parcs d’attractions. Elle aurait posé des problème au Futuroscope peut être mais plus encore à Fraisepertuis dans les Vosges, mais après tout c’était une option.. Trois jours plus tard elle est très rapidement remise en question. Franchement on a du mal à suivre.
C’est un peu comme la déclaration de ce ministre de la République qui disait la semaine dernière que le taux de natalité très élevé de notre pays faisait monter le chômage en France. Ça a beaucoup troublé l’oncle Henri. » Faudrait savoir avait-il lancé à la tante Marthe en écoutant France Bleu. Quand on ne fait pas de gosses on nous engueule et quand on en fait trop on nous engueule aussi ».
En fait ce que dit le ministre est vrai à très court terme et évidemment faux à plus longue échéance.
Il est vrai qu’à la différence de l’Allemagne, la France est confrontée à une poussée de ses jeunes sur le marché du travail inconnue outre Rhin. La Sarre notre voisine a pour exemple un taux de chômage beaucoup moins élevé chez ses jeunes tout simplement parce qu’elle a moins de jeune qui sollicitent un emploi.
A plus long terme bien sur ce raisonnement ne tient plus. Un pays a besoin de régénérer sa population : de nombreux enfants c’est une garantie pour l’avenir. La politique familiale exemplaire menée par notre pays y contribue et c’est tant mieux, y compris pour la Lorraine.
Pour une nouvelle expo à Pompidou Metz. La première ("Chef d'oeuvres) avait fortement impressionné PAF.
En discussion avec Bernard Hinault à Yutz. Le Tour de France viendra-t-il en Lorraine l'an prochain? Réponse à la mi octobre.Suspense!
Dans trois semaines auront lieu les élections sénatoriales, en Lorraine comme ailleurs. Seuls votent les grands électeurs, les maires et les conseillers municipaux. Il faut bien reconnaître
une fois de plus qu’elles n’intéressent pas grand monde, beaucoup d’entre nous ne savent même pas qu’elles existent.
Le Sénat en France a en effet une très mauvaise image. On l’imagine peuplé de sénateurs vieillissants plus préoccupés par leur carrière que par les problèmes de la France. Il y a quarante ans le Général de Gaulle avait même envisagé de le remplacer par le Conseil Economique et Social composé de représentants patronaux et syndicaux.
Le Sénat ne nous intéresse pas mais il faut reconnaître que c’est assez injuste. La deuxième chambre accomplit un vrai travail d’élaboration des lois. Le Sénat contrôle ainsi l’action du gouvernement. Il peut avoir un vrai rôle de contre-pouvoir. Les élections du 25 septembre ne sont donc pas sans enjeu au niveau national. Il n’est d’ailleurs pas impossible que la gauche puisse l’emporter et gagner la présidence du Sénat ce qui n’était jamais arrivé sous la 5e République.
Au niveau régional les choses sont un peu plus compliquées car ces élections se déroulent alors que l’on discute de la réforme de l’intercommunalité. Une réforme, adoptée à l’unanimité, qui prévoit d’accélérer le regroupement de nos communes. Celles-ci ne pouvant plus rester isolées. Elles devront obligatoirement entrer dans une communauté de communes ou d’agglomération.
C’est un changement qui est difficile à accepter par certaines de nos communes qui préfèreraient vivre leur vie tranquillement. Mais c’est une réforme indispensable notamment en Lorraine. Nous ne pouvons plus garder une organisation administrative aussi dispersée. Nous avons besoin de regrouper nos forces pour devenir plus attractifs et être plus efficaces.
Le problème c’est que les candidats aux sénatoriales ont tendance à freiner ce mouvement car ils sont sensibles aux voix de nombreux maires ruraux et les caressent dans le sens du poil. Ces candidats sénateurs empruntent là un mauvais chemin. En Lorraine comme ailleurs nous ne pouvons plus rester immobiles. Nous avons beaucoup trop de structures administratives et nous dispersons l’effort. Il faut sortir de cet émiettement pour gagner en efficacité. C’est un enjeu essentiel pour la Lorraine.
Tous les mardis sur AIR TV l’édito de Roger Cayzelle (18h45, 21h45)
Tour de l'Avenir en Lorraine :Pascal Zudas suit l'affaire pour France 3 Lorraine
Ça a été l’évènement de l’été : l’oncle
Henri est passé à la télé. Sur France 3 Poitou Charentes d’abord et aussi sur l’édition nationale de 19h30. C’était bien lui, on l’a parfaitement reconnu. Il était au péage de
Poitiers au volant de sa voiture, avec la tante Marthe à côté qui n’avait pas l’air très contente et qui semblait même un peu crispée. Il faut dire qu’il pleuvait à verse et que la journaliste de la télé demandait à l’oncle si ça ne l’embêtait pas de commencer
ses vacances par un temps pareil.
Et là l’oncle Henri a été grandiose. Sans se démonter, imperturbable, avec une grande assurance il a prononcé cette phrase admirable « Vous savez ça ne nous change pas beaucoup, nous en Lorraine on connaît bien ça, de la pluie on en a tout le temps. On en a encore plus en été qu’en hiver car en hiver il neige ». Comme le reportage est passé en boucle dans les éditions suivantes et dans le journal des régions la France entière a pu ainsi découvrir non pas la réalité du climat mais surtout ce que pense un lorrain de son climat.
Je ne vous dis pas le savon que l’oncle a pris de la tante Marthe le soir même et il faut reconnaître qu’elle n’avait pas tort. Quand nous nous promenons dans d’autres contrées de notre beau pays n’oublions jamais que nous sommes toujours un peu des ambassadeurs de la Lorraine. Un certain nombre de Français -moins d’ailleurs que nous le croyons nous-mêmes- ont tendance à imaginer notre région comme une petite Sibérie. Nous savons bien que cela n’est pas vrai. Bien sûr nous ne sommes pas la région la plus ensoleillée de France mais rappelons- nous toujours qu’en moyenne il fait deux degrés de moins qu’à Paris en hiver et que sauf année exceptionnelle la neige ne tient au sol que deux à trois petites semaines. Rappelons aussi que par rapport à d’autres régions notre climat présente aussi des avantages : il est plus calme, plus stable moins venteux.
Alors par pitié n’en rajoutons pas. L’oncle Henri a d’ailleurs reçu des instructions très claires. La prochaine fois qu’il sera interrogé par France 3 il dira « quel dommage qu’il pleuve ici, il faisait plus beau en Lorraine depuis plusieurs semaines ». Ça a quand même une autre allure ! En plus c’était vrai, souvenez-vous de notre printemps.magnifique.
Metz Nancy! Gros et Rossinot ! Les efforts des maires des deux
grandes villes pour sortir enfin des querelles permanentes qui affectaient toute la Lorraine sont considérables Ils s'inscrivent dans le dispositif
"Sillon Lorrain" Ils se heurtent encore a bien des résistances. Celles surtout de certains acteurs institutionnels qui y voient un affaiblissement de leurs propres prérogatives et de leur
pouvoir. Et pourtant cet effort mériterait vraiment d'être soutenu avec beaucoup plus d'énergie. notons au passage la
ressemblance des cravates.
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