La ville n'est pas une simple agglomération d'hommes et d'équipements, c'est un état d'esprit
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Pour les « Guignols de l’info » du lundi 12 mars « c’est une très mauvaise nouvelle, dans quelques jours, avec le TGV, l’Est de la France sera à 1h30 de Paris ». Très drôle !? Ceci étant ça en dit long sur notre déficit d’image.
Ça y est nous nous sommes abonnés au Tageblatt, un des principaux journaux luxembourgeois, dont l’ami Jean-Pierre Cour est un des correspondants pour la Lorraine.
Nous ne devons pas être très nombreux à lire ce quotidien très bien fait. Comme je le déplore régulièrement il est quasiment impossible de trouver à Metz la presse de la Sarre, du Grand Duché et la Belgique, sans parler de la presse internationale.
Composé de cinq à six cahiers le quotidien a la particularité d’être publié en allemand (pour l’essentiel) mais aussi en français, chaque journaliste rédigeant son article dans la langue de son choix. Cette plongée quotidienne dans un pays si proche et à la fois si lointain est évidemment passionnante. Le niveau particulièrement élevé des manifestations culturelles qui y sont proposées frappe dès la première lecture. (Anne-Sophie Mutter en concert cela fait ici partie du quotidien.)
Peut-on imaginer l’avenir de Metz sans réfléchir à ce qui se passe ailleurs, sans penser à une articulation avec l’action des uns et des autres. Evidemment non. Metz est une ville qui ne peut se développer seule sans porter un regard attentif sur les territoires environnant.
Il n’est pas discutable que notre cité a pu bénéficier dans les années quatre vingt dix de l’attractivité qu’elle exerçait alors sur les bassins environnants. Pour parler clair, une partie des lorrains des bassins industriels -particulièrement les plus jeunes- ont rejoint Metz au cours des vingt dernières années. Cela a permis de faire grandir la ville et d’éviter que ces lorrains aillent s’installer dans d’autre régions françaises.
Depuis quelques années le mouvement qui s’effectue est inverse. Ce sont les territoires adjacents qui profitent du développement économique la ville centre et qui gagnent de la population. La zone de Briey est à cet égard exemplaire, mais d’autres bassins y compris dans des régions plus rurales voit aussi leur développement s’inverser positivement. L’avenir des uns et des autres est aujourd’hui totalement lié. Il faut donc le penser globalement.
Rien n’énerve plus les élus locaux que d’entendre que Metz est une petite ville. Ce qui n’est pas grave en soi -on peut très bien vivre dans une petite cité- le devient lorsqu’on sait que l’avenir d’une région se joue d’abord dans des villes qui savent prendre une certaine dimension.
Mais est-ce vraiment ce que revendique Metz aujourd’hui ? Notre ville peut et veut elle s’affirmer dans le paysage français et européen être suffisamment visible pour attirer de nombreux visiteurs mais aussi de nouveaux habitants ? Tout au long dès années quatre vingt –dix le discours dominant n’a pas favorisé cet objectif.
Contrairement à l’ironie facile qui s’abat souvent sur la campagne de communication du Conseil Régional, je trouve que celle-ci était plutôt futée. En utilisant l’effet de surprise, le décalage, l’utilisation grandissante d’internet cette campagne a visé juste. Elle a donné de la lisibilité, montré une image moderne de la Lorraine. Même si ses limites sont évidentes, notamment dans la difficulté à redescendre sur terre et à faire apparaître plus précisément les projets régionaux, c’est dans cette direction qu’il faut aller.
Par contre on ne saurait trop conseiller aux élus de la majorité régionale de cesser de se servir sans arrêt de ces slogans dans des débats internes. C’est mesquin, petit bras et cela ne peut que se retourner à terme contre ceux qui, sur tel ou tel projet, n’auront su décrocher la lune. Une campagne de com doit d’abord demeurer externe.
Jean-Marie Rausch est très en colère après moi. Cet homme incarne tellement sa ville que la moindre critique lui apparaît comme une attaque personnelle inacceptable. Qu’avais-je dit de si terrible sur RTL9 fin janvier et dans TELE ST
J’avais avancé l’idée que l’avenir de la Lorraine passe par le développement de ses villes. De ce point de vue nos villes les plus importantes manquent encore de puissance ; Seul Nancy approche des dimensions d’une véritable métropole européenne. C’est une évidence et un chantier sur lequel travaillent d’ailleurs les grandes villes du Sillon Lorrain (Epinal-Nancy-Metz et Thionville) mais que le premier magistrat messin accepte difficilement.
Constater que la dynamique nancéienne et actuellement plus forte que celle de la cité messine, n’est effectivement pas facile à admettre pour nous messins. Mais au fond de nous même nous le savons bien, tout comme Jean-Marie Rausch, qui selon sa propre expression place des grues partout et multiplie les chantiers pour rattraper le retard sur la cité ducale.
A bon escient ? C’est toute la question. Nous aurons largement l’occasion d’en reparler dans les semaines qui viennent.
C’est Yannick Kusy, talentueux journaliste à France 3 Lorraine qui m’incite à reprendre ce blog, au moment où nous nous sommes rencontrés à l’ESSIDEC pour justement parler… des blogs. Evoquant le blog du
En attendant, si vous me l’avez pas encore fait découvrez le blog de Yannick Kusy : http://yannickkusy.over-blog.com/
Le Nouvel Observateur publie un numéro hors série consacré à la mort. Il laisse des philosophes, des écrivains ou des personnalités d’origine diverses exprimer l’approche d’un phénomène qui nous concerne évidemment tous : notre propre disparition. Beaucoup d’auteurs développent le thème "du vieux sage", de la philosophie qui aide à vivre mais Jean-François Deniau les prend complètement à contre-pied. Pour cet homme qui a connu des problèmes de santé ahurissants tout au long de son existence et qui est un véritable survivant vivre c’est d’abord agir et plus encore faire face.
Le constat peut sembler banal mais il explique en grande partie la longévité et plus encore l’obstination dans la durée des hommes et (un peu moins sans doute) des femmes politiques. Toute leur vie, quoi qu’on en dise, ils se sont construits dans la lutte, dans le combat pour prendre le pouvoir ou pour le conserver. C’est le fondement même de leur existence qui est dès lors remis en cause. D’où la difficulté de poser calmement le débat. Pour progresser il apparaîtrait essentiel que chacun sorte de son jeu de rôle. J’y reviendrai prochainement.
L’affaire de la piste cyclable de l’avenue de Nancy est, à tous les égards, symbolique de dysfonctionnements démocratiques et de l’incapacité à traiter au fond une question complexe.
D’un côté une avenue commerçante, pourvue de nombreuses places de stationnement. Par qui sont-elles occupées ? Résidents ? Commerçants ? Clients ? Nul n’en a une idée précise. Légitimement les commerçants sont attachés à ce qu’on puisse stationner devant leurs magasins ce qui est compréhensible. Dans l’état actuel des choses ce n’est déjà pas très facile alors que les places sont très nombreuses (mais qui stationne vraiment ?).
De l’autre la C
Devant la colère des commerçants un adjoint tente vaguement de calmer le jeu. On en est là pour l’instant.
Chacun voit bien dans cette affaire l’absence de conviction, le déficit de communication et de tout processus de négociation. En pleine canicule (avec ses conséquences polluantes) il ne paraît pourtant pas très compliqué d’expliquer que le développement d’alternatives en matière de transports est indispensable.
Pour le moins devrait on essayer car le grand public est aujourd’hui réceptif à cette question comme l’a montré ‘assistance record présente à la conférence organisée par l’ami Missoffe avec Nicolas Hulot. Encore faut-il y croire du côté des élus. Mais y croit on vraiment ? En tout cas la force de conviction de Jean Marie Pelt semble pour l’instant peu efficace en ce domaine.
Ceci étant, à l’inverse il faut aussi savoir tenir compte des préoccupations économiques dès uns et dès autres. On n’arrêtera pas totalement la circulation automobile en France dans les trois semaines qui viennent. Il faut donc trouver des compromis.
Ce sont ces lieux d’élaboration des compromis qui n’existent pas à Metz, seule agglomération française à ne pas disposer d’un conseil de développement où seraient représentées toutes les parties. On aurait pu alors examiner le projet, l’amender, trouver des réponses adaptées même si on sait que tout cela n’est pas facile.
La politique c’est aussi la gestion intelligente des contradictions.
