La ville n'est pas une simple agglomération d'hommes et d'équipements, c'est un état d'esprit
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J’ai été interrogé hier par téléphone par un journaliste politique du « Républicain Lorrain » sur mon intention de vote au scrutin présidentiel du 6 mai. Je lui ai indiqué que la fonction même d’un président du Conseil Economique et Social m’interdisait de donner une consigne de vote pour l’un ou l’autre des candidats.
Cette conversation a débouché sur un article dans l’édition de ce matin dans laquelle un certain nombre de personnalités politiques faisaient état de leur choix. Seul socioprofessionnel de cette liste je suis néanmoins cité -avec une photo- au titre d’adhérent du Parti Socialiste. Mon expression pourrait dès lors prendre une toute autre signification.
Afin que les choses soient très claires je veux redire ici que le président du CES n’est pas habilité à exprimer un choix partisan, quel qu’il soit.
Le citoyen que je suis est bien sûr libre de ses choix. Je voterai dimanche et et chacun sait quelles sont les valeurs qui sont les miennes.
Quelqu’un peut-il m’expliquer quel intérêt il peut y avoir à avoir dépensé des dizaines des milliers d’euros rue Harelle pour créer ça ?
C’est en voyant dans le « Tageblatt » Lakshmi Mittal en personne la semaine dernière recevoir à Luxembourg le roi d’Espagne Juan Carlos, le Grand Duc Henri et Jean-Claude Juncker, le premier ministre que j’ai pu me dire que le Luxembourg et la Lorraine ne jouaient vraiment pas dans la même cour. Je me suis dit aussi que le politique pouvait toujours discourir et faire illusion, il pèse peu aujourd’hui sur l’économique. Du moins pas dans les conditions actuelles.
A la manifestation du premier mai, rencontre au cœur de la délégation CGT de l’ami Georges Dour que je retrouve toujours avec autant de plaisir. Georges est un homme de droite, gaulliste, chaleureux et convaincu. Ouvrier aujourd’hui à la retraite, il a toujours été fidèle à la CGT.
Nous nous retrouvons avec plaisir et évoquons longuement une de nos passions communes : le développement des transports en commun et plus largement des transports alternatifs. Peu après une amie habitant à Metz m’explique qu’ « elle ne prend jamais le bus parce que c’est trop compliqué et qu’elle n’y comprend rien » tout en scandant des slogans pour le maintien du secteur public (de transport ?)
Jean Risse, prête ouvrier syndicaliste à la CFDT , me parle avec humour de son dernier livre « nettement plus spirituel que les autres » (« Les pauvres au service de Dieu. Edition de l’Hamattan »). Je lui demande de me le dédicacer en mettant quelque chose de gentil sur moi (vieille plaisanterie éculée). « Ce sera cinq euros de plus ! » répond-il
Des amis de la CGT me chambrent un peu et me demandent si je suis là en raison de la présence de François Chérèque, patron de la CFDT. Mauvaises langues. J’ai toujours participé aux défilés du 1er mai – on ne doit jamais renier d’où on vient – à condition qu’ils soient unitaires ce qui n’arrive pas souvent : la dernière fois c’était en 2002 à Thionville quelques jours avant le second tour Le Pen-Chirac. Si les syndicats pouvaient se regrouper plus souvent et ne pas vivre seulement au rythme des échéances politiques ce serait bien.
J’entends déjà ici ou là –comme si la défaite était en route ( ?) – des amis de gauche me dire à quel point « les gens ne comprennent pas et se font embobiner par le populisme de Sarkozy ». Rappelons une fois de plus ici qu’il h’y a pas deux peuples, celui qui deviendrait intelligent à 51% et stupide à 49%. En démocratie celui (ou celle) qui gagne est celui (ou celle) qui a réussi à créer un mouvement.
On dira ce qu’on voudra mais les choses évoluent vraiment très vite. Un de mes bons amis, fin analyste de la chose politique, me répétait souvent à l’automne 2005 après la victoire du « non » au référendum sur la constitution européenne que « jamais, tu m’entends, jamais un responsable politique s’étant prononcé pour le « oui », jamais celui là ne pourra devenir président de la république en France ». Seize mois plus tard au premier tour des présidentielles du 22 avril : 1. Sarkozy (oui) 2. Royal (oui) 3. Bayrou (oui). Comme le temps passe !
Qu’on me pardonne cette psychanalyse de bazar épouvantablement simpliste mais la question posée aux Français le 6 mai est au fond assez basique : veulent-ils un père ou une mère pour les diriger ?
Rencontre il y a quelques jours avec Eric Gulino à l'occasion d'une visite à Montoy Flanvile (à voir aussi sur le blog du CES de Lorraine). Ce jeune maire est aussi un des conseillers de Jean Pierre Masseret. J'ai des relations cordiales avec cet homme chaleureux et sympathique mais j'ai découvert à cette occasion quelqu'un qui avait du fond et qui exposait une vison claire de développement de son village. Un talent peut être insuffisamment exploité à la Région.
Comme l’a déjà signalé un blog ami, le maire de Metz a commis ce matin à France Bleu Nord Lorraine une interview qui laisse rêveur sur son refus de prendre en charge la foire de mai. Comme toujours lorsqu’il est embarrassé, Jean Marie Rausch se livre à une véritable caricature de lui-même et cette fois ci ça n’est pas très drôle. Notons au passage le rôle actif que peut jouer là le service public et saluons le courage de l'interviewer Claude Bruillot.
J’ai trouvé assez amusant et assez juste le billet de Robert Solé en dernière page du « Monde » du 25 avril :
«
Voter non ? Enfin une perspective enthousiasmante ! Un vrai projet ! Le mot d’ordre est clair : le 6 mai, nous ne devrons pas choisir un ou une président(e), mais éliminer celui qu’il faut détester. Inutile donc d’organiser un duel télévisé entre les deux candidats. Ce que peut dire Ségolène Royal, ce qu’elle propose, ne nous intéresses pas. Focalisons-nous sur Nicolas Sarkozy : imprégnons-nous de chacune de ses paroles, passées et présentes, pour nourrir l’aversion qu’il doit susciter.
Rien n’est plus riche, plus positif et plus mobilisateur que le non. Les chantres du nonisme s’opposeront de toute manière, avec le même enthousiasme qu’aujourd’hui, à celui ou celle qui sera élu(e). Le 6 mai, nous disent-ils, votez non. Non, non et non. Nous n’avons pas besoin d’une présidente de la République, mais d’un Non-président. »
