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Ma chronique mensuelle dans LE JEUDI, excellent hebdo
luxembourgeois
RÉCIPROCITÉ : vers une solidarité de projets, plus que de budgets
La réciprocité. Voilà bien un de ces débats souterrains qui met à mal les relations entre la Lorraine et le Luxembourg. Par voie de presse parfois, mais également au cours conversations (trop) franco-françaises, un certain nombre d’élus lorrains estiment que le Grand-Duché est redevable à la Lorraine d’une somme d’argent correspondant aux frais engagés par les collectivités en raison de la migration frontalière quotidienne de 75 000 salariés français ayant fait le choix de travailler au Luxembourg. Une revendication qui prend exemple sur le canton de Genève et la Communauté d’Annemasse, où un tel accord de réciprocité existerait, dit-on, depuis le 18ème siècle !
Mais il faut bien l’avouer, la requête est bien trop évasive. Ainsi, nous pouvons nous interroger sur de nombreux points encore en suspens. Par exemple : qui devrait être remboursé, et par rapport à quels frais engagés ? Certains évoquent le coût des crèches ou des écoles nécessaires à la prise en charge des enfants de salariés français qui migrent chaque jour vers le Luxembourg. Les communes concernées sont de plus en plus nombreuses, et d’ailleurs de plus en plus éloignées de la frontière. Faut-il indemniser l’ensemble de ces municipalités (y compris Metz, qui voit partir chaque matin près de 5000 frontaliers) ? Comment répartir cette somme entre les communes françaises ? A combien s’élèverait la somme totale exigée du Grand-Duché par la Lorraine ? On imagine sans peine la difficulté de l’exercice.
Celui-ci se complexifie encore lorsque d’autres dépenses liées au travail frontalier entrent en jeu. D’aucuns évoquent les frais engagés en Lorraine dans le domaine de la formation, et plus encore des infrastructures ferroviaires ou routières facilitant les déplacements des frontaliers lorrains. Dans ce domaine aussi, la nébulosité domine quant aux montants et aux modalités de « remboursement ».
Le plus frappant tient certainement dans le fait que ces réclamations ne sont jamais adressées directement au gouvernement luxembourgeois. Le dernier sommet intra gouvernemental entre le Luxembourg et la France n’a pas abordé une seule fois cette question restée latente, et qui est de fait peu exprimée officiellement. Elle a en revanche le don d’irriter les autorités luxembourgeoises qui la comprennent difficilement. Où en serait la Lorraine aujourd’hui si elle ne bénéficiait pas du formidable (et indispensable) soutien luxembourgeois ?
Même si cette demande de réciprocité est formulée de manière trop imprécise, elle doit cesser d’envenimer les relations entre les deux voisins. Non pour y répondre en terme de remboursement, mais en examinant de plus près les synergies réelles entre ces deux économies, qui, nous ne le dirons jamais assez souvent, ont tout à gagner l’une de l’autre. Ce sont à travers des projets communs, et non par le biais de desiderata monétaires, que les Lorrains peuvent éprouver un vrai sentiment de réciprocité. Ce travail commence à porter ses fruits. Il doit désormais s’affirmer davantage et se poursuivre de manière plus lisible.
Ludovic Guerriero, la capitaine du FC Metz, a sans doute été maladroit
en s’énervant après la presse à l’issue du match contre Monaco mais à l’inverse je trouve que
les journalistes sportifs du Républicain Lorrain en rajoutent quand même un peu dans la critique. On ne peut en tout cas pas reprocher aux
joueurs un défaut d’engagement. Samedi soir ils ont bien joué mais rien ne voulait marcher, à
l’exemple de notre appareil photo dont le flash ne s’est pas déclenché. Cela évitera de découvrir nos mines contrites, celle de l’ami Gilbert
Krausener et de votre serviteur.
200 millions d'investissements (4 fois le cout du regrété Grand Stade de Metz). C'est le montant de l'investissement réalisé par PSA à Tremery pour la
construction de son nouveau moteur essence. Celaà valait bien une petite visite.
Pas un mot
dans la presse régionale sur les élections qui ont eu lieu en Sarre dimanche dernier. Malgré les apparences un mur de verre semble séparer nos deux régions. Nous
sommes vraiment totalement auto centrés. Pour information, c'est la CDU (l'UMP allemande) qui l'a emporté.
L'augmentation du prix de l'essence inquiète fortement l'ami PAF, alias André Botella. il n'est pas le
seul.
C’est une évidence : le Luxembourg et la Lorraine partagent
aujourd’hui une communauté de destin. La Lorraine serait aujourd’hui exsangue si elle n’avait pas bénéficié de la formidable dynamique d’emploi luxembourgeoise. Le Grand Duché a manifestement
besoin des transfrontaliers lorrains pour assurer un développement économique continu.
Il faut aujourd’hui conforter cette mise en synergie et lui donner davantage de visibilité. Un destin commun se lit aussi dans des projets communs et de ce point de vue nous restons encore trop en retrait, nous ne pensons pas encore suffisamment transfrontalier sauf lorsqu’il s’agit de gérer les mobilités, de créer ou d’aménager des routes ou des équipements de transports qui facilitent les flux de frontaliers.
Deux opportunités parmi d’autres se présentent pourtant à nous.
La première est immédiate. Elle repose sur la création d’une immense base logistique sur la zone d’Illange. Cet investissement très important qui va générer dans un premier temps 2000 emplois à court terme doit permettre à l’économie chinoise d’exporter ses produits vers la France mais aussi aux entreprises lorraines de bénéficier de têtes de pont vers la Chine. Ce second objectif est loin d’être gagné et n’a pas de sens que si des entreprises luxembourgeoises soient étroitement associées au projet et tirent elles aussi bénéfice de cette initiative. Cela nécessite d’enclencher dès maintenant les mises en réseau nécessaires.
La seconde opportunité, plus lointaine, tourne autour de la prise en charge des besoins de santé de nos populations. La construction d’un hôpital transfrontalier a été un temps envisagée sur la partie Belval côté français. Ce projet semble aujourd’hui abandonné la France ayant beaucoup de mal à prévoir son financement et craignant une concurrence avec d’autres équipement de même type.
Le Grand Duché s’oriente dès lors vers une réorganisation en interne et pose l’hypothèse d’un nouvel équipement du côté d’Esch sur Alzette. Une option qui semble pertinente mais qui suppose dès lors que s’engage une réflexion approfondie sur les nécessaires coopérations entre nos deux pays. Celle-ci n’est pas encore véritablement enclenchée malgré les sommets et les rencontres bilatérales qui se succèdent entre la France et le Grand Duché sans produire suffisamment de résultat. Il apparaît pourtant urgent de pousser les feux et d’activer ces projets concrets.
Ma chronique mensuelle dans le journal luxembourgeois LE JEUDI
C’est une question de plus en plus préoccupante : les inégalités territoriales dans notre pays deviennent de plus en plus fortes. L’écart entre
les anciennes régions industrielles et les régions méridionales et maritimes
s’accroit chaque année.
Rhône Alpes, PACA, Midi Pyrénées, l’Aquitaine, Pays de Loire et la Bretagne voient leur PIB progresser sans cesse alors que cinq régions souffrent fortement : Haute-Normandie, Picardie, Nord Pas de Calais, Champagne Ardenne et Lorraine. Elles ont en particularité toutes un solde migratoire négatif.
La nécessité d’une politique plus affirmée d’aménagement du territoire apparait à l’évidence y compris à travers des transferts de moyens beaucoup plus importants qu’actuellement. Un seul exemple : le développement de Belval côté français dépend aussi d’un financement plus conséquent. La Lorraine doit se prendre en main mais elle aussi besoin de la solidarité nationale et européenne.
Je voudrais revenir ce soir une nouvelle fois sur la question du grand stade qui devait se construire à Metz non pas pour vous dire qui a raison ou qui a tort,
chacun a son opinion et j’ai la mienne, mais pour faire remarquer que ce sujet pose en fait toute la question de l’attractivité de la Lorraine.
Le problème auquel notre région doit faire face est en effet connu : la Lorraine ne perd pas encore d’habitants mais elle voit chaque année partir plus de lorrains qu’elle n’en voit arriver. Les jeunes s’en vont et notamment les jeunes couples avec des enfants. Si nous voulons vraiment continuer à nous développer nous sommes condamnés à faire venir de nouveaux lorrains. Nous n’y arriverons que si nous créons de l’emploi évidemment mais l’emploi se créé d’abord dans les régions perçues comme des lieux agréables, dynamiques, festifs.
C’est bien pourquoi nous sommes tous les uns et les autres à la recherche d’évènements, de marqueurs comme on dit aujourd’hui qui identifie la Lorraine. Cela peut être des musées, des monuments, des lieux de loisirs ou de culture et plus encore des temps de fête, des spectacles qui identifient une région. En Lorraine nous n’en manquons pas. Nous avons Pompidou, Center Park, le château de Lunéville, le Mondial Air Ballon, le dynamisme culturel de la ville de Nancy, toute une série de festivals qui nous identifient.
C’est dans ce cadre que se situait le débat sur l’agrandissement de Saint Symphorien. Etait-il de nature à créer l’évènement, à donner une visibilité forte à la Lorraine ? Certains pensent que oui (et il faut louer leur optimisme et leur volontarisme), d’autres pensent que les 45 millions d’euros qui étaient prévus pour la construction du stade pourraient être mieux investis et qu’un stade de football, surtout s’il n’héberge que quelques matchs, n’est pas un élément d’attractivité essentiel.
C’est un débat qui est difficile à trancher même si pour ma part j’ai plutôt tendance à penser, moi qui suis pourtant un passionné de football, qu’un grand stade -et même une grande équipe- ont peu d’influence sur le développement d’une région.On peut malgré tout constater, qu’au-delà de leur divergence, une chose au moins réunissait les protagonistes sur ce dossier : la nécessité de mettre en avant la Lorraine d’une façon qui soit la plus dynamique possible. Et ceci c’est plutôt positif quoi qu’on en dise.
Nicolas Sarkozy a choisi de durcir son positionnement et d'incliner très à droite. C'est après tout son droit mais est-ce pertinent y compris de son propre point de vue?
On peut en douter d'une part parce que tout le monde perçoit bien la manœuvre qui vise à aller chercher au premier tour des voix chez les électeurs potentiels du Front National mais aussi car elle brouille l'image du Président. Qui est-il vraiment?
Un opportuniste peut être moins conservateur qu’il n’y parait mais qui est prêt à bien des contorsions et à bien des virages pour conserver le pouvoir comme le font ces « héros » des séries télévisées consacrées à la politique qui commencent à envahir les écrans tv ?
Un homme très réactionnaire qui pense ce qu’il dit ? Mais comment expliquer la période d’ouverture où il demandait qu’on lise la lettre de Guy Moquet dans les écoles ?
Quoiqu’il arrive l’image de Sarkozy se brouille chaque jour davantage. Elle est en tout cas assez loin de celle du Président « rassembleur et protecteur » qu’il a également cherché à présenter à un moment donné.
Tout cela parait quand même assez hasardeux.
Skylander voilà bien un dossier dont on parle beaucoup en Lorraine
en ce moment . Le Skylander c’est cet avion très économe en carburant, capable de se poser presque n’importe où, idéal pour certains pays
africains, pour la Russie ou pour l’Inde car il peut effectuer des trajets très courts. Skylander, vous le savez, doit être fabriqué en Lorraine et si vous passez par Chambley Virginie vous verrez que plus de 150 ingénieurs y travaillent déjà dans des bureaux modernes et fonctionnels.
Le dossier Skylander soulève en Lorraine à fois de l’espoir et de l’inquiétude.
Espoir car la Lorraine pourrait bien esquisser une filière aéronautique avec notamment l’arrivée d’un nouvel opérateur, Safran, à Commercy qui s’ajouterait aux entreprises qui travaillent déjà pour l’aviation dans la région.
Inquiétude car tout le monde se demande si GECI, le constructeur de Skylander, va vraiment y arriver. Je crois que dans cette affaire il convient de formuler deux remarques. D’abord le procédé est au point. Pour parler clair GECI est capable de construire cet avion, un avion qui volera un jour c’est une certitude.
La vraie question est celle de l’assise financière de l’entreprise. A-t-elle des reins assez solides pour tenir financièrement avant de commencer à vendre ses premiers appareils ? L’Etat et la Région Lorraine se sont engagés financièrement mais l’entreprise semble mnquer de fonds propres et elle fait beaucoup appel à des fonds publics pour l’instant.
Rien n’est donc absolument certain dans cette affaire qui comporte un part de pari mais on peut être raisonnablement optimistes. Il n’est pas d’ailleurs illogique que l’argent public soit actuellement investi pour soutenir un projet industriel à un moment où nous nous plaignons sans cesse de voir notre industrie bradée à l’étranger.
Bien sûr nous savons tous que l’avenir de la Lorraine ne se joue pas seulement sur ce seul dossier mais Skylander c’est quand même un des projets qui peut participer au renouveau industriel dont nous avons tant besoin.
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