La ville n'est pas une simple agglomération d'hommes et d'équipements, c'est un état d'esprit
Si vous souhaitez être averti de la parution d'un nouvel article, inscrivez vous dans la rubrique "newsletter". Vous pouvez vous désabonner à tout moment.
Fallait-il pour autant que l’exécutif régional se précipite pour annoncer qu’il était prêt à assurer et à financer la formation des futurs recrutés avant même que l’entreprise en fasse la demande ? Un groupe international qui va investir des dizaines de millions d’euros est-il vraiment à 500 000 euros près ? Il fut un temps où la gauche fustigeait les aides aux entreprises privées. Aujourd’hui elle devance même leurs demandes. Changement d’époque !
Le tapis floral ornant tour à tour la place d’Armes, la place de la Comédie ou la place du Général de Gaulle devant la gare est né il y vingt deux ans, à l’époque où la privatisation des espaces verts était envisagée. Pour mobiliser son service, pour montrer à la population que le service public des espaces verts pouvait être au moins aussi performant que le privé, le directeur de l’époque, Olivier Leick, avait eu l’idée de ces tapis. Ils étaient conçus, évidemment, pour mettre en valeur les places de la ville mais aussi pour valoriser le travail des équipes municipales.
Techniquement ce fut un vrai pari car la production des fleurs n’était possible qu’une fois le mois de juin, à partir d’une
deuxième floraison des plantes semées dans les serres de la ville. Pour la mise en place il fallait aller vite. Je me souviens d’Olivier Leick passant la nuit avec ses équipes, sous
la pluie, sur la Place d’Armes pour terminer le travail.
Il reste qu’aujourd’hui, après de nombreuses années de bons et loyaux services on peut effectivement estimer que tout cela devient un peu daté. En ce qui concerne la place de la Gare par exemple je suis convaincu qu’il y a d’autres choses à faire et que le tapis contribue plus à l’assoupir qu’à la faire vivre. Dominique Gros a sans doute raison de dire qu’il fallait passer à autre chose.
Le Républicain Lorrain en a fait sa une au début de la semaine selon le quotidien l’A32 est enterrée.
Comment ne pas se réjouir de cette bonne nouvelle !!! Car en refusant cette autoroute, nous lorrains, nous sommes enfin en pointe. Nous sommes les leaders de la lutte pour la défense de l’environnement. Nous allons sauver la planète !
Nous ne sommes pas comme ces Bourguignons qui n’ont rien compris et qui sont en train de créer
une troisième voie sur l’A31 sur 110 kilomètres entre Langres et Dijon Sud (quand nous descendons dans le Sud nous nous refuserons d’ailleurs à l’emprunter).
Nous ne sommes pas comme ces Luxembourgeois qui viennent d’agrandir leur aéroport et espérant atteindre très vite trois millions de pollueurs (de passagers pardon). Pour protester contre
cela nous ne nous sommes pas rendu à l’inauguration de la nouvelle aérogare (mais on me dit à l’instant que nous n’étions pas invités).
Il est important qu’on le sache bien en haut lieu : nous ne voulons plus nous développer, nous voulons rester entre nous. Bien sûr pour la galerie nous continuons à présenter quelques tracés alternatifs en imaginant par exemple une autoroute qui passerait par la Meuse ou en redessinant sur des cartes à grands coups de feutres des contournements urbains résolument opposés à ceux qui sont prévus.
Nous lançons même des études sur un contournement routier de Metz par l’Ouest que nous arrêtons ensuite car au fond nous savons bien que c’est irréalisable. Et lorsque nous nous sommes mis d’accord sur un tracé comme par exemple entre Toul et Dieulouard, nous chipotons.
Tout cela n’est pas très grave. L’essentiel est que nous ne fassions rien. Ne l’oublions pas nous sommes les premiers défenseurs de l’environnement. Quand par miracle un constructeur automobile français annonce des créations d’emplois pour fabriquer un nouveau moteur à Tremery (les inconscients !) nous évitons de trop nous réjouir. Quand un grand groupe de distribution vient s’installer une plate-forme logistique au bord de l’autoroute ( !!!) à Atton nous faisons semblant de n’avoir rien vu.
Car, répétons le, nous avons un objectif et un seul : ne pas grandir ne pas nous développer. Depuis trente ans nous sommes deux millions trois cent mille lorrains et nous entendons bien le rester. Qu’on se le dise.
On peut penser ce qu’on veut de Jean-Marie Rausch mais je trouve qu’il sort malgré
tout assez dignement de la vie politique active, avec juste ce brin de méchanceté qui rappelle son passé de bagarreur (Lui ne se terre pas à
la maison, il n’a pas peur de sortir, référence pas très gentille à un autre grand élu local battu en mars.)
Mais que n’avait-on dit sur le fait que s’il était vaincu "il ne survivrait pas
plus de quelques mois". On s’aperçoit aujourd’hui (il s’aperçoit peut être lui-même) qu’il y a une vie après la politique active et qu’on peut exister autrement que par la gestion directe.
Les esprits chagrins diront qu’il eût été intéressant qu’il s’en rende compte plus tôt.
Je suis de plus en plus convaincu de cela : la Lorraine ne sortira pas du marasme si elle ne s’arrime pas positivement au Grand Duché de Luxembourg. Elle ne pourra le faire que si elle ne voit pas nos voisins luxembourgeois comme des ennemis mais comme des partenaires. Pour que nous soyons considérés comme tels il faut évidemment que nous nous organisions (voir l’article « quatre pour un ») mais aussi que le gouvernement français fasse un geste fort en direction du Grand Duché en nommant auprès du Préfet un diplomate de bon niveau chargé de coordonner les affaires.
Très bon papier de Daniel Schneiderman dans Libération du 18 avril, intitulé "Le couac, première approche scientifique". Il y a en effet quelque chose de fascinant dans les différents couacs gouvernementaux de ces dernières semaines. Il n’y a que deux hypothèses possibles : où tout ceci n’est pas intentionnel ou au contraire cela relève d’une stratégie délibérée.
Si cela n’est pas intentionnel le niveau d’impréparation et l’absence de coordination
réelle entre les différents ministères est digne d’entrer dans le livre des records.
Mais si tout cela était délibéré on n’en reste pas moins interrogatif. On peut en effet penser qu’une politique de remise en cause du "modèle social français" est à l’œuvre. Mais dans ce cas
pourquoi reculer sans cesse, dès le premier article de presse venu ? Quel est l’intérêt de tout cela ? L’électeur de gauche ne sera pas dupe. Il pensera que chaque recul
est essentiellement tactique mais qu’au total on y va tout droit. L’électeur de droite considérera que ce gouvernement n’a vraiment aucun courage et qu’il revient sans arrêt sur ses pas.
Si on veut jouer les Margaret Thatcher qu’on le fasse franchement bon sang de bois !
Je découvre à nouveau avec effarement le programme d’un colloque organisé le 19 mai par la Grande Région sur la problématique des transports. Dans la partie consacrée aux transports en Lorraine quatre intervenants vont se succéder de dix minutes en dix minutes : Jean-Pierre Masseret, Philippe Leroy, Jean-Marie Uhlrich (pour le CG 54) et Bernard Niquet. Se donneront-ils vraiment en ridicule en exposant quatre visions de développement des transports en région? Suspense!
L’armée ne participe pas de l’aménagement du territoire ! C’est la doctrine officielle martelée souvent par le Préfet de Région. S’il n’est pas illogique de considérer que le premier objectif de la défense nationale doit être son efficacité et sa capacité d’intervention on ne peut pas s’empêcher de penser que les dégâts économiques risquent d’être considérables en Lorraine dans des villes moyennes comme Commercy ou Dieuze, ces villes qui sont au cœur de la ruralité et qui déjà perdent des habitants depuis plusieurs années. On ne peut également s’empêcher de penser que les aspirations de l’encadrement militaire sont davantage centrées sur les régions du Midi que sur celle du Nord.
Quelques jours de vacances en Provence. Il pleut et il vente sans cesse. Comment les habitants de la région font-ils pour supporter un climat pareil ? Mais la grande affaire politique ici c’est la défaite à la présidence de la Communauté Urbaine du candidat de la droite Eugène Caseli –secrétaire départemental du PS 06- a en effet battu Renaud Muselier (UMP) par deux voix d’écart (79 contre 77) alors que logiquement ce dernier disposait d’au moins vingt voix d’avance. Une situation très confuse, car dès le premier vote le nouveau président était mis très largement en minorité par… vingt voix d’avance. A bien y regarder la situation à Metz est quand même plus tranquille avec un équilibre certes précaire mais aussi deux leaders qui se respectent et qui me paraissent capables de dégager sans trop de problèmes des majorités de projets.
Il reste que la question de l’élection démocratique des communautés d’agglomération est vraiment posée et je ne sais pas si on pourra rester longtemps dans une telle opacité. Le vote étant secret pour l’élection du président personne n’a dès lors à le justifier. Mais les élus UMP qui ont voté PS avaient-ils prévenus les électeurs au moment de la campagne pour les municipales ? Muselier n’a pas tort de hurler au déni de démocrate. Mais à Metz tous les maires de la CA2M avaient-ils indiqué quel serait leur choix à l’élection au conseil communautaire ? On notera par ailleurs qu’aucune règle de fonctionnement de ce conseil n’a été définie par le législateur. La mixité n’est pas obligatoire (il serait intéressant de regarder quel est le nombre de femmes), les droits de l’opposions ne sont pas définis…
Je ne vois pas comment on peut continuer comme cela notamment compte tenu aujourd’hui des attributions de plus en plus importantes accordées aux communautés d’agglomération. Il faut y réintroduire de la démocratie.
